132°_infanterie

 

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Cartes postales anciennes

LE 132°

D'INFANTERIE

DE 1794 à 1977

par le

 ** *** Mr. Meyer Jürgen, ancien Officier Traditions du Corps, en retraite vivant en Allemagne. Chef de la Section Alzheimer et Démence dans une grande Institution germanique. Cet Historique a obtenu le Prix littéraire d´histoire militaire à Châlons-sur-Marne le 13 Novembre 1983 lors du premier Salon du livre d´Histoire Militaire... Organisé par la Shapska... à cette époque... *** **

SERGENT-CHEF MEYER Jürgen

(en retraite)

OFFICIER TRADITION DU CORPS

 

FERME DU PIEMONT

 

SUIPPES  1983

 

 

 

 


Table des Matières

 

P R E F A C E

INTRODUCTION

Genese

1ère période 132° Demi-Brigade

Seconde période Premier Empire

Troisième période

Quatrième période

Cinquième période

  • Renaissance du 132° Grouppe Cynophile de l´Armée de Terre (132°GCAT)

Les Chefs de Corps du 132

Bibliographie et sources

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                            P R E F A C E

Le "132°" Régiment d'Infanterie, né pendant la Révolution Française sous l'appellation de 132 ème Demi-brigade, a un passé glorieux bien qu'entrecoupé de périodes d'éclipse plus ou moins longues. Son épopée est liée depuis sa création aux grandes périodes de crise de l'histoire de la France et sa renaissance correspond toujours à une nécessité. Ce régiment fait donc partie de ces vieux serviteurs appelés en cas de besoin lorsque l'orage s'annonce et qui regagne sagement l'ombre et l'oubli dès que le ciel s'éclaircit.

Ses soldats ont connu tour à tour en l'espace d'un siècle et demi la fougue révolutionnaire et l'élan patriotique de l'armée de Sambre et Meuse, la puissance de la Grande Armée et les revers de l'Empire, l'épreuve incommensurable de la Grande Guerre et la joie éclatante de la victoire de 1918, enfin l'inactivité et le pourrissement de la Drôle de Guerre dans les casemates de la ligne Maginot avant la débâcle et l'humiliation de 1940.

L'histoire du 132 ème Régiment d'Infanterie est moins connue que celle de certains autres régiments plus célèbres. Elle restait à écrire. Depuis la parution en 1887 de l'ouvrage du Chef de Bataillon G. du Martray sur la 132 ème Demi Brigade et la relation vécue des combats de 1914-1918 par le Colonel PERRET qui l'a conduit à la victoire, les archives du régiment n'avaient plus été consultées.

La création en 1977 du 132 ème Groupe Cynophile de l'Armée de Terre offrait l'occasion de le faire renaître sous une appellation originale. Cette formation de l'Infanterie, qui reprenait les missions des groupes vétérinaires dissous, se voyait en effet confier la garde du drapeau du 132° Régiment d'Infanterie. Issu d'une double filiation, le 132 ème Groupe Cynophile de l'Armée de Terre se devait de plonger dans le passé pour y retrouver ses racines.

Lieutenant-colonel CROUAN

Commandant le 132 ème G.C.A.T. à la création de cet ouvrage

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1 3 2  R.I.

 

Inscriptions sur le drapeau

 

FLEURUS 1794.

 

K A L I S C H 1813.

 

B A U T Z E N 1813.

 

ROSNAY " UN CONTRE HUIT " 1814.

 

LES ÉPARGES 1915.

 

AISNE 1917.

 

P 1 C A R D 1 E 1918.

 

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INTRODUCTION

 

Cet ouvrage est une reconstitution de l'histoire des unités d'Infanterie ayant porté sur leur drapeau, le numéro 132 à travers les âges.

Sous l'ancien régime, les unités constituées et les régiments portent le nom de leur Colonel, Chef de Corps et propriétaire ; ou encore le nom d'une Province ou d'une bataille où se sont illustrés leurs anciens.

Le rang dans le Corps de Bataille n'est conféré qu'à l'ancienneté et non par un numéro : c'est un ordre de préséance dû au prestige de l'unité.

La révolution Française de 1789 est ressentie dans les armées à deux titres Fidélité au chef, et surtout nouvelle désignation de l'ennemi.

Les armées du Roi, qui se sont couvertes de gloire depuis plusieurs siècles sous les ordres de chefs prestigieux, ont "affermi le Trône de leur Roi" et grandi le prestige du Royaume de France ; elles se trouvent décapitées. Le Chefs ont choisi l'exil avec l'espoir de reprendre un jour le pouvoir. 

Avec la révolution, l'organisation des Armées change subitement : dès 1790 de nombreux régiments sont supprimés et l'on voit la création de la Garde Nationale.

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G E N E S E

En 1791 commencent les grandes réformes :

Les 103 régiments d'Infanterie de ligne sont divisés en deux bataillons de neuf compagnies.

Les 12 bataillons de chasseurs (huit compagnies) forment l'infanterie légère.

A la tête du régiment, on nomme un Colonel assisté d'un Etat-Major placé sous les ordres d'un Lieutenant-Colonel qui a le titre de Chef de Bataillon.

Les régiments gardent leurs noms glorieux et prennent un numéro distribué suivant l'ordre de bataille ou d'ancienneté.

Cette réorganisation de l'armée ne semble pas affecter les hommes de troupe qui ont suivi le Roi et qui continuent à combattre pour la république naissante.

Le recrutement à cette époque est assez sommaire : les volontaires sont attirés par l'argent, la "gamelle", l'uniforme, ou l'aventure.

D'autres sont enrôlés contre leur gré à la suite du passage d'un militaire recruteur.

Cette troupe d'origine et de motivation si disparates sert d'ossature à la nouvelle armée républicaine.

L'assemblée constituante fait appel aux volontaires pour défendre la jeune république contre les coalisés massés à nos frontières avec l'intention de rétablir la monarchie.

Les départements sont chargés de lever et de former les unités destinées à former les bataillons de volontaires.

En 1791, 169 bataillons commandés par un premier Lieutenant-Colonel sont ainsi formés : soit environ 101 000 hommes. L'effectif de chaque bataillon est d'environ 580 hommes. Les officiers de chaque compagnie sont élus par leurs hommes et la nomination ratifiée par l'assemblée.

Face à la pression des coalisés sur nos frontières, et en raison du faible effectif de volontaires, les généraux font réquisition de la Garde et du sixième de l'effectif apte au service militaire.

Ces recrues sont inexpérimentées et peu motivées. Pour corriger cette faiblesse, l'Assemblée Législative décide des mesures d'amalgame en mélangeant des soldats aguerris aux novices. Cette mesure est définitivement adoptée sous le nom d'Embrigadement le 08 janvier 1794.

L'embrigadement consiste à réunir en une Demi-Brigade un bataillon de ligne et deux bataillons de volontaires.

Il y a ainsi 211 Demi-Brigades de ligne, 32 Demi-Brigades légères. Chaque Demi-Brigade de ligne se compose de trois bataillons à neuf compagnies (dont une de Grenadiers). Les appuis sont fournis par six pièces d´Artillerie

A la tête se trouve un Chef de Brigade du grade de Colonel ; un Lieutenant-Colonel ayant la dénomination de "Chef de Bataillon" commande les bataillons dans l'ordre d'ancienneté.

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1 ère PERIODE

Formation de la 132° Demi-Brigade incluse dans l'Armée de Moselle.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Demi-brigade - http://www.1789-1815.com/armee_batave.htm

Avant de publier l'acte de naissance du 132", il faut décrire son environnement et la situation de la France au printemps 1794.

L'Armée du Rhin (98.000 h) couvre l'Alsace.

L'Armée de Moselle (103.000 h) couvre la ligne des Vosges jusqu'à Longwy et la Sarre.

L'Armée des Ardennes (37.000 h) garde la Chiers et la Helpe.

L'Armée du Nord (240.000 h) tient les places fortes entre AVESNES ET DUNKERQUE.

Nos frontières Nord et Est sont à peu près couvertes, sauf la FLANDRE, où l'ennemi est maître de places telles que le QUESNOY et VALENCIENNES.

C'est à l ´Armée de Moselle qu'est dévolu le glorieux privilège de combler cette lacune dans le dispositif de protection de nos frontières.

Le 5 avril 1794 à LONGWY sont regroupés, le 2ème Bataillon du 71" de ligne ci-devant, VIVARAIS, le 2ème Bataillon des Volontaires du CHER, le 5° bataillon des volontaires de la MEUSE, pour former la :

132° Demi-Brigade de Bataille

Ces éléments apparemment disparates se connaissent car ils ont servi sous les ordres du Général TAPONNIER

La cohésion de cette unité s'est faite autour de l'expérience des anciens du 71° et grâce à la bravoure des volontaires entièrement dévoués aux

idées nouvelles de la république, et confortés par le "succès" remporté à VALMY. Ainsi naît la 132° Demi-Brigade. Elle forme, avec la 94° la 181° et une brigade de cavalerie la division CHAMPIONNET.

L'effectif de la 132° est alors de 90 officiers, 2 900 hommes.

Le premier Chef de Corps est le Chef de Brigade CAPELLA. Ce militaire commence sa carrière à l'âge de 20 ans dans le Régiment du VIVARAIS.

Nommé Sous-Lieutenant en 1791, il gravit tous les échelons de la hiérarchie.

Les bataillons sont sous les ordres de Chefs de Bataillon GARNIER, VAUGIEN, DENISE ; ce dernier, parti à la retraite, est remplacé par BARDOT.

La transformation des armées ne s'est pas seulement limitée à une refonte de l'organisation générale, mais s'est traduite également plus profondément dans la désignation de ses Chefs. L'Armée Républicaine élit ses chefs en fonction de leur esprit républicain, de leur bravoure au feu. C'est ainsi que de "vieux" généraux sont à peine âgés de 30 ans. Le Chef de Brigade CAPELLA, âgé de 52 ans lors de sa prise de commandement, est un vieux soldat.

Les Demi-Brigades sont gérées par un "conseil d'administration"qui règle tous les problèmes de commandement, de discipline, et d'ordre administratif.

La République est pauvre. Les biens de la noblesse et du clergé ont été confisqués, mais pas encore réalisés. De ce fait les troupes envoyées sur les différents théâtres dopération sont mal équipées. Les uniformes sont disparates. Les vétérans des armées du roi portent encore leurs anciens uniformes "exempts de toute fanfreluche". Les volontaires sont en tenue bourgeoise, l'armement est réduit à un fusil pour deux et les gibernes sont presque vides.

Au sein de cette troupe, de "vieux sous-officiers" tentent d' insufer une volonté de vaincre et de se surpasser. Ces efforts leur valent les épaulettes de Lieutenant : DUPAYS, FABRE, WARTHE, ROUSSEAU, PORCELET, TARISSON.

Les résultats de cet amalgame d'anciens et de volontaires, encadrés par des "VAILLANTS", ne vont pas tarder à faire la fierté de notre histoire.

La 132° Demi-Brigade adopte le drapeau de la convention (bandes tricolores verticales) et sert sous les ordres de chefs prestigieux : JOURDAN, HATRY, CHAMPIONNET.

L'épopée de la 132° Demi-Brigade est liée à la leur.

Jourdan est Général en Chef de l'Armée de Moselle depuis le 27 janvier 1793.

Sa réputation d'intrépidité n'est plus à faire. Le général HATRY lui succède en 1793. Quand à CHAMPIONNET, c'est plus par son art de la guerre et son sens de la stratégie qu'il accède au plus haut sommet de la hiérarchie militaire.

C'est sous les ordres de tels chefs que la 132° Demi-Brigade obtient à la pointe de ses baïonnettes les premiers succès et le droit d'inscrire le premier nom sur son drapeau : FLEURUS.

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Première Campagne de la 132" Demi-Brigade

- CLAIREFONTAINE - FLEURUS -­

L'unité  ainsi constituée est en dépôt à LONGWY, où les recrues sont instruites par les anciens. Lorsque le 16 avril à 3 h du matin, l'ordre de départ est donné, le corps d'HATRY se dirige vers ARLON. C'est le début d'une longue marche parsemée de souffrances et de privations, mais également d'actes de courage et d´héroïsme

Le 17 avril, l´unité reçoit le baptême du feu contre les Autrichiens dont plusieurs postes sont bousculés près d´UDANGE. La division CHAMPIONNET s´empare d´Arlon. Les pertes françaises sont minimes.

La 1321 Demi-Brigade tient position autour d'ARLON pendant plusieurs jours. Ce répit est mis à profit pour former une nouvelle brigade, par la réunion de la 132° et de la 181° Demi-Brigade.

Le Général GRENIER, nommé le 29 avril 1794, prend le commandement de cette nouvelle unité. Le premier revers intervient le jour même. L'ennemi cantonne ses troupes autour de LUXEMBOURG et fond sur nos avant postes, obligés de se replier. Le 2ème bataillon de la 132° Demi-Brigade est même en péril à CLAIREFONTAINE, où tout un Corps Autrichien se trouve dans les bois, sur son axe de marche.

La surprise est tellement grande que les généraux doivent seller leurs chevaux eux-mêmes. Tous les Français se replient en abandonnant des pièces d'artillerie. Un Colonel, 4 Lieutenants, un docteur et 120 soldats sont faits prisonniers ; 900 hommes sont tués ou blessés.

Le 08 Mai 1794, BEAULIEU, notre adversaire à la tête des coalisés, écrit au Baron BOLANT, et au Corps de volontaires Luxembourgeois pour les remercier du bon moral de leur troupe.

Le Général HATRY donne le signal de la retraite vers LONGWY. La 132° Demi-Brigade perd à nouveau 19 hommes lors de ces combats.

Le 19 mai 1794, pendant une période d´inaction forcée, le Général en Chef fixe dans son ordre du jour l'emplacement du dépôt de la 132° Demi-Brigade à BRIEY. Dans cette ville sont rassemblés et instruits les volontaires destinés à la 132°. (1).

Le Comité de Salut Public choisit ce moment pour rappeler CHARBONNIER à PARIS et nomme DESJARDIN commandant des forces massées devant CHARLEROI. Le 3 juin, l'armée du Nord est repoussée par 35.000 Autrichiens conduits par l´Empereur en personne. DESJARDIN tombe en disgrâce à la suite de cet échec, et JOURDAN prend la tête des forces regroupées sur la rive droite de la SAMBRE près de CHARLEROI. La 132° Demi-Brigade les rejoint là. 76 000 hommes sont ainsi massés prêts à fondre sur l'aile gauche de l'Armée Impériale. Ainsi nait "L'Armée de SAMBRE et MEUSE". Elle recevra ce nom officiellement plus tard.

JOURDAN en devient le chef incontesté. Il réussit l'impossible : franchir en 15 jours avec une telle troupe les ARDENNES dévastées par les coalisés, malgré la faim et les privations de toutes sortes.

JOURDAN passe la SAMBRE et assiège CHARLEROI. La division CHAMPIONNET est placée en observation. Le 16 juin, la SAMBRE est repassée pour la 4ème fois. CHARLEROI finit par succomber et le Général REYNIAC doit "s'en reporter à la générosité des Français". Cette capitulation permet à JOURDAN de livrer dès le lendemain la bataille de FLEURUS.

KLEBER à gauche, JOURDAN, MORLOT et CHAMPIONNET au centre et à droite rivalisent d'énergie. En face se trouve BEAULIEU à la tête d'une force au moins deux fois supérieure.

(1) la seule trace de cet évènement se trouve dans le journal de marche du Général JOURDAN, les archives de BRIEY ayant été détruites en 1944.

La Division des Ardennes défend les redoutes de LAMOUSSART avec acharnement pendant plusieurs heures ; une charge de cavalerie la bouscule. MARCEAU résiste "comme un lion". Sur les bords de la SAMBRE, LEFEVRE et JOURDAN lui prêtent main forte mais BEAULIEU lance de nouvelles forces sur le village. La mitraille fait rage, les champs sont en flammes, mais les Français restent maîtres du terrain. MARCEAU dans cette bataille a un cheval tué sous lui il est lui-même blessé, mais une partie de son armée n'a pas suivi son exemple.

Cette bataille, en fait, s´est déroulée près de MARCHIENNES au PONT.

Le 16 juin, le Prince D´ORANGE rejette pour la 4ème fois l'armée française sur la rive droite de la SAMBRE et fait lever le siège de CHARLEROI.

Le 18 juin, JOURDAN repasse la SAMBRE ; le 25, CHARLEROI capitule. La bataille s'engage dans la soirée du 25, dure toute la journée du 26 et se termine par la retraite des coalisés.

La 132° Demi-Brigade, sous les ordres de CHAMPIONNET, se trouve à MARCHIENNES au PONT en protection du Poste de Commandement. La bataille prend le nom de FLEURUS (1) en souvenir de celle qui s'y est déroulée sous l'ancien régime.

En fait un doute subsiste quant à la participation effective de la 132" Demi-Brigade à cette bataille, car elle n'est pas citée explicitement dans les documents conservés aux archives de la guerre, contrairement aux trois autres Demi-Brigades.

La bataille de FLEURUS est originale à double titre

(1) Village situé en avant, à droite, de la division CHAMPIONNET.

Pour la première fois dans l'histoire, le télégraphe de CHAPPE est utilisé pour annoncer la victoire au Comité du Salut Public à Paris, et des aérostats employés comme moyens d'observation servent à renseigner sur les mouvements et les positions de l'ennemi.

Au lendemain de cette bataille, le 27 juin, "l'Armée de SAMBRE et MEUSE", sous le commandement en chef de JOURDAN, prend officiellement ce nom par décret.

Après la bataille, l´armée est à court de munitions et de vivres. La 132° Demi-Brigade s'établit sur la ligne HEPPIGNIES et WAGNEE (WANGENIES) face a la grande ferme et reprend des forces.

Les coalisés pendant ce temps protègent BRUXELLES. JOURDAN divise ses forces en trois : HATRY à droite, JOURDAN au Centre avec CHAMPIONNET (dont la 132°) et KLEBER à gauche.

Dans la matinée du 10 juillet, l'Armée du Nord et l'Armée de SAMBRE et MEUSE se réunissent aux portes de BRUXELLES.

                                                         

 

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La 132° demi-Brigade dans l'Armée de SAMBRE et MEUSE 

 MAESTRICHT - LUXEMBOURG

La bataille de FLEURUS livre la Belgique aux armées françaises. Les Prussiens quittent la rive droite de la SARRE.

L'Armée du Nord tient la ligne WILWORDE - NAMUR.

L'Armée de SAMBRE et MEUSE est aux abords de BRUXELLES, GENAPPE, NAMUR.

Le quartier général se tient à NIVELLES

Le Comité de Salut Public commet alors l'erreur de diviser les deux armées. Cette faute permet au Prince de Cobourg de regrouper ses forces. JOURDAN le force à se replier sur MAESTRICHT et LIEGE.

Le 23 juillet, toute l'Armée de SAMBRE et MEUSE se trouve réunie sur les bords de la Meuse. Le 27, JOURDAN commande l'attaque générale. Après le combat de TONGRES, HATRY s'empare de LIEGE et y établit son quartier général.

L'ennemi se replie sur MAESTRICHT. L'Armée de SAMBRE et MEUSE prend position face à cette place forte. Le. soldat de la 132° Demi-Brigade souffre de l'éloignement ; en effet depuis deux ans, il est en campagne à la poursuite d'un ennemi qui détruit tout sur son passage.

jusqu´à la fin du mois d'août, la 132° Demi-Brigade reste en bivouac à VILLIERS - - L´EVEOUE. Le 4 septembre au matin, elle se prépare à l'attaque de MAESTRICHT et arrive, le 10, à RAUCOUX sous les ordres directs de KLEBER au centre du dispositif de CHAMPIONNET et de JOURDAN. Les Autrichiens ont placé des obstacles de toutes sortes sur la route. Vers 4 heures du matin le premier contact t a lieu au château de VOIRGIMONT. Le 20, la 132° Demi-Brigade s'établit à HERVE : le 21, l'ennemi se replie vers la ville. JOURDAN resserre son étau autour de MAESTRICHT.

La 132" Dem -Brigade est près de SCHAUFFENDERN. Le l er Octobre, les préparatifs sont terminés : l'attaque est imminente. Les troupes sont en alerte et leur moral est au beau fixe. Les munitions, les vivres et l'habillement arrivent enfin. C'est dans cet état d'esprit que l'ordre est donné d'avancer la bataille de ALDENHOVEN s'engage.

La 132° est placée à gauche de la division CHAMPIONNET, sous les yeux de JOURDAN. L'ennemi cède et se retire vers COLOGNE. Le soir la 132° bivouaque à ENGELSDORF. Le matin du 3 octobre, la ville se rend à CHAMPIONNET. La 132° est postée à STETTERNICH.

Le 6 octobre a 11 h, la 132° franchit la porte du coq à COLOGNE et bivouaque sur la place de NEUMARKT.

La 132° reste plus d'un mois à COLOGNE. Pendant ce temps GRENIER est remplacé par le Général HACQUIN.

Le 23 octobre, MARCEAU entre dans KOBLENZ ; le 7 novembre, MAESTRICHT capitule devant KLEBER

Commence alors un long hiver, marqué par des combats furieux mais surtout par les privations. L´intendance ne suit plus, les uniformes sont en piteux état, les vivres se font rares. Les chevaux viennent à manquer.

Acheter est presque impossible en raison de la dépréciation de la monnaie française. Les soldats vivent d'expédients et de réquisitions.

La 132° Demi-Brigade est établie à CREFELD, puis à HULS et DUREN en décembre, où les soldats installent des postes de combat et des redoutes.

Pendant ce temps, l'Armée du Nord s'est emparée de GRAVE ouvrant ainsi la mute vers AMSTERDAM. L'Armée de SAMBRE et MEUSE se remet en route le 16 décembre vers le Rhin. Le 30, la 132° s'établit à OEDT près de KEMPEN.

Le printemps arrive, les conditions s'améliorent, la 132° reprend sa marche et le 31 Mars arrive à NIEVERHEIM. Le 2 avril, l'ordre est donné de se diriger vers LUXEMBOURG.

L'Armée de SAMBRE et MEUSE se regroupe. Elle est , le 6 avril à COLOGNE et le 8 à BONN. Le traité de Bâle, conclu avec la Prusse, assure la neutralité de cet état.

Ce répit est mis à profit pour ramener la division CHAMPIONNET. La brigade LEGRAND (59°, 132° Demi-Brigades et cavalerie) est sous le commandement du Général HACQUIN dont le quartier général est à ARVILLER. Le 29 avril, la 132° quitte BONN pour NEUWIED et rejoint les 7 divisions autour de KOBLENTZ jusqu'au 29 juin.

Pendant ce temps, le dépôt de BRIEY continue à former les recrues et en mai le dépôt est transféré en BELGIQUE à NAMUR- Le ravitaillement en vivres, munitions et habillement est rétabli et les conditions matérielles de la troupe s'améliorent.

Le Comitéde Salut Publie souhaite activer le franchissement du RHIN. Un nouveau traité de Bâle assure la neutralité de la Prusse.

La forteresse de LUXEMBOURG, point-clé de la région, résiste jusqu'au 7 juin, après un siège relativement facile. Sa capitulation est beaucoup plus le résultat de l'influence des réfugiés français présents dans la place que du blocus.

Le Corps de siège devenu disponible rejoint le gros des troupes sur le Rhin.

Tous les éléments sont réunis pour permettre le franchissement du RHIN. La 132° Demi-Brigade est à COLOGNE vers le 25 juin. CAPELLA quitte le commandement le 1 er juillet ; il est remplacé par le Chef de Brigade BURCHIN

Le dépôt quitte NAMUR pour ENGHEIM.

Le 13 juillet, le Général FILLON pend le commandement de la brigade composé des 94° 132° , 181° Demi-Brigades. CHAMPIONNET devient Général de Division.

Le 18 août, les armées sont concentrées sur le RHIN. La 132° est devant DUSSELDORF. JOURDAN rassemble des bateaux pour effectuer le franchissement.

 

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FRANCHISSEMENT DU RHIN

Les forces en présence

Du côté français :

Armée de SAMBRE et MEUSE:  97.000 hommes

Armée RHIN et MOSELLE:  95.000 hommes

Du côté ennemi

Le Général CLAIRFAYT commande les troupes (92.000 hommes) et tient les hauteurs surplombant le RHIN.

Le 18 juin, les divisions de l'Armée de SAMBRE et MEUSE sont ainsi disposées sur le terrain :

Division LEFEVRE                     : entre ESSENBERG et FRIEMERSHEIM.

Division MORLO                        : autour de BODBERG.

Division TILLY                           : près de LINN.

Division CHAMPIONNET : à NEUSS et devant DUSSELDORF.

Le plan de KLEBER est simple en théorie.

Les derniers détails de l'opération, prévue pour la nuit du 5 au 6 septembre, sont réglés.

Les missions de chacun sont définies. GRENIER doit faire passer six divisions en barque sur la rive droite en face d´ARDIGEN, six autres dans l'île d'ARDIGEN et jeter un pont pour le franchissement de la Division TILLY.

CHAMPIONNET doit descendre l´ERFT, aborder à HAMM et enlever DUSSELDORF. Ces beaux projets sont réduits à néant par un caprice du fleuve le niveau de l'eau a baissé, et des bancs de sable apparaissent. Il faut changer les plans. La 181° fait diversion pour attirer l'attention de l'ennemi ; le 5 septembre au soir, le reste de la division est massé près du village de GRIMLINGHAUSEN. A 8 h du soir, dans la nuit noire, les premières barques transportent les soldats dont l'équipement est allégé (munitions et 2 jours de vivres). La consigne est d'être discret. Les combats lors du débarquement se font à l'arme blanche.

Le bataillon de marche du 132°, commandé par le Capitaine BONNET d' HONNIERES, est surpris par la lune qui éclaire soudain le convoi de barques ; l'artillerie se déchaîne et les rameurs redoublent l'effort. La barque du Général LEGRAND heurte un banc de sable ; il tombe à l'eau le sabre à la main et crie "suivez-moi". Les grenadiers de la 132° l'imitent et montent à l'assaut aux cris de "victoire, vive la République". Ils culbutent les postes ennemis, s'emparent de 4 canons, 7 caissons et font 80 prisonniers. Pour ce fait d'armes, le Capitaine d'HONNIERES est promu Chef de Bataillon. Le matin, la division a franchi le fleuve et la 132° est à NIEDER-BILD. JOURDAN est à DUSSELDORF.

Le 10 septembre, l´Armée de SAMBRE et MEUSE est à hauteur de COLOGNE. Elle poursuit son mouvement vers LAHN.

Le combat de LIMBOURG a lieu le 1 er septembre. KLEBER resserre son dispositif sur la MAIN. CHAMPIONNET attaque la forteresse du plateau de la Croix, la 132 Demi-Brigade s'empare de BISHOFFSHEIM. Lors de cette bataille décisive, deux officiers de la 132° sont cités au Comité du Salut Public

Les citoyens FAUCHE et BERELLE, sous-lieutenants au 1 er bataillon de la 132° Demi-Brigade, pour leur conduite courageuse lors du combat de COSTHEIM

Les impériaux se regroupent vers FRIEDBERG JOURDAN décide la retraite vers LAHN.

- Le 13 octobre, la 132° est attaquée à NEUHOF et repousse victorieusement les agresseurs. JOURDAN décide de repasser le RHIN le 16. La 132° a pour mission de garder le passage. Les ponts des bateaux sont en feu, la ligne d e retraite est coupée. La situation est critique. KLEBER harangue les troupes. La 132° fait front pour contenir l'ennemi et permet ainsi à l'armée de franchir le RHIN à DENDHORF.

CLAIRFAYT bouscule les corps de siège devant MAYENCE le 27 octobre et PICHEGRU abandonne MANNHEIM.

Ces revers obligent JOURDAN à modifier son dispositif.

La 132° et la 138° Demi-Brigade forment la Brigade LEGRAND dont BURCHIN, chef de la 132°, prend le commandement.

JOURDAN concentre ses forces autour de BONN à TRARDACH. Le dispositif est alors le suivant :

Division MARCEAU                 : d'OBERSLEIN à BIRKENFELD

Division PONCET                      : à KIRN et IPPENSCHIELD

Division BERNADOTTE           : ARGENTHAL

Division CHAMPIONNET         : RHEINBOLLEN

Division HARVILLE                  : KIRCHENBERG

Division GRENIER                     : BACCHARACH

La 132° rencontre l'ennemi et fait une centaine de prisonniers. MANNHEIM capitule. Ce succès épisodique n'empêche pas la retraite.

Le 16 décembre, le 1er bataillon de la 132° Demi-Brigade est attaqué et résiste jusqu'à 2 heures de l'après-midi avant de s'esquiver.

Pendant ce temps, MARCEAU obtient un brillant succès et CLAIRFAYT propose un armistice, que JOURDAN accepte le 4 janvier 1796.

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Jean-Baptiste, comte Jourdan

né le 29 avril 1762 à Limoges, dans la Haute-Vienne - mort le 23 novembre 1833 à Paris,

fut un militaire français, qui avait commencé sa carrière sous l'Ancien Régime, participa avec

La Fayette à la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique et devint l'un des plus brillants généraux de la Révolution et de l' Empire,

vainqueur de la bataille de Fleurus le 26 juin 1794.

Il fut fait maréchal d'Empire en 1804.

 

DISSOLUTION DE LA 132' DEMI-BRIGADE

L'Armée de SAMBRE et MEUSE prend ses quartiers d'hiver. La 132° se trouve à NENNDORF - KARLICH et WELSSENTHURM sous les ordres du Général DUMAS.

Durant ces vingt mois de campagne, la 132° Demi-Brigade a perdu 1 100 hommes. Son effectif est tombé à 1 862 hommes.

Le 30 janvier, la 132° stationne à l'abbaye de KRUFT. Cet événement constitue sa dernière apparition dans l'Armée de SAMBRE et MEUSE.

Le 1er février 1796, en effet, une refonte générale des Demi-Brigades et des bataillons est entreprise.

En vertu d'un décret, la 132° se rend à  TREVES où elle est versée dans la 26° Demi-Brigade, future 108° Demi-Brigade. L'opération a lieu le 26 février. Le dépôt, par ailleurs, se déplace le 1er avril vers MONTMEDY, où la fusion devient effective et définitive.

A sa dissolution, les cadres et les soldats de la 132° Demi Brigade vont continuer à servir la République sous les couleurs des 89°, 108°, 107° et 75° légions départementales (Seine-Inférieure).

La 132° Demi-Brigade a livré des batailles et participé à des épisodes célèbres tels que FLEURUS et le franchissement du RHIN, retenus par l'histoire, mais à côté de cela, que d'escarmouches obscures ont fait la gloire et bâti la légende de l'Armée de SAMBRE et MEUSE !

L'épisode révolutionnaire de la 132° Demi-Brigade s'achève ainsi avec la paix extérieure retrouvée et le renforcement des conquêtes de la République.

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PREMIER EMPIRE

 

Tempon Collection de l´auteur

 

SECONDE PARTIE

LE 132° REGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE A L' EPOQUE DU 1ER EMPIRE

Le 24 janvier 1811 est crée par décret le REGIMENT DE L´ISLE DE RE, composé de 5 bataillons sans compagnie d´Elite et destiné à recevoir des conscrits réfractaires de la Vendée et du Sud-Ouest. La mission est de garder les côtes de Charente, il est sous les ordres du Colonel TRIDOULAT.

Par décret du 20 -septembre 1812, il devient le 132" REGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE, toujours commandé par le même Colonel.

Un bataillon du Régiment participe à la campagne de RUSSIE. D'autres sont organisés au cours des armées 1813 et 1814.

En janvier 1813, au cours de la retraite de Russie, les débris de la Grande Armée sont reconstitués sur la VISTULE. Le 132" se regroupe et se remet en état.

MURAT réussit à échapper à la manoeuvre des Russes. Dès son arrivée à POSEN, il remet le commandement au Prince EUGENE et regagne NAPLES.

S'amorce alors, de janvier à mars, la retraite du Prince EUGENE sous la forme de deux mouvements : l'un de la VISTULE à l´ODER, l'autre de l´ODER à l´ELBE. Pendant ce temps, l'arrivée de renforts permet la réorganisation des forces en présence.

Au cours du premier mouvement, le Prince combat à KALISCH. Lors de cet affrontement, le 132 (Colonel TRIDOULAT) et le 133 (Colonel MENO) font partie de la 3ème Brigade sous les ordres du Général JARRY.

Cette brigade se trouve dans les faubourgs face à un ennemi en ordre de bataille sur plusieurs lignes.

A 2 heures de l'après-midi, le combat commence. Il va durer jusqu'à Il heures du soir. L'ennemi s'avérant dix fois supérieur en nombre, le Général JARRY reçoit l'ordre de tenir afin de donner aux Divisions Saxonnes et à la Brigade MAURY le temps de se rejoindre.

Dès que le Général MAURY transmet l'ordre de tenir ferme sur toute la ligne, et en communique le motif aux Officiers, chacun rivalise de zèle.

L'attitude de la 3ème Brigade, les nombreuses charges à la baïonnette des 132 et 133, le sang froid et la bravoure de nos soldats sous la mitraille vont conférer au Régiment le droit d'inscrire en lettres d'or sur la soie de son drapeau : KALISCH.

Les ler, 3ème et 4ème bataillons sont affectés à la Grande Armée. Le 15 août 1813, ils font partie du 7ème Corps, (Général REYNIER), Division DURUTTE. Ils se battent alors à BAUTZEN puis à LEIPZIG.

La campagne d'Allemagne commence sur l´ELBE. Au printemps 1813, se noue la 6ème coalition. La France et la Confédération du RHIN trouvent face à la RUSSIE, la PRUSSE, l´ANGLETERRE et la SUEDE. l´Autriche reste neutre. Les coalisés veulent ramener la France aux limites territoriales de 1789. On se prépare à nouveau à la Guerre.

La France compte alors 886.000 hommes sous les armes, répartis en 12 corps dont 5 divisions de BADOIS et de HESSOIS, 1 de WURTEMBERGEOIS 1 d´ITALIENS et 1 de BAVAROIS.

Le 2 mai, Napoléon attaque près de LUTZEN; le 9 mai, il entre à DRESDE. Les RUSSES s'arrêtent dans la position forte de BAUTZEN ; ils sont 160.000, commandés par l'Empereur Alexandre lui-même.

L'Armée française vient de s'augmenter du 7ème Corps, composé de la seule Division DURUTTE dont le 132 fait partie. Ce renfort représente environ 150.000 hommes.

La canonnade commence le 20 mai à midi. Au cours de cette bataille, le Colonel TRIDOULAT s'étant jeté en pleine mêlée, a son cheval tué sous lui par un boulet et se voit lui même gravement blessé. il est remplacé au commandement des bataillons du 132 par le Colonel CAILHASSON

L'aigle du 132 est sauvé par le Commandant RANCHON Amboise bel acte pour ce jeune commandant nommé il y a à peine un mois, le 24 avril.

Cette bataille où le 132 se bat avec acharnement lui vaut une nouvelle inscription sur son drapeau : BAUTZEN.

Cette bataille achevée, le 132 se bat encore : WITTSTACH et GROOS-BEEREN où OUDINOT dirige le 7ème Corps face au Prince Royal de SUEDE, qui a concentré toutes ses forces sur cette localité. Par la suite c'est à DENNERWITZ, ROSLAU, autour de LEIPZIG que se poursuivent les hostilités. Durant cette phase, une troupe de cavalerie de l´infanterie saxonne, avant-garde du Corps du Général REYNIER auquel appartient le 132 se trouve face à la cavalerie russe. Au lieu de la combattre, lorsqu'elle débouche de la TAUCHA, elle court à sa rencontre et occupe en tête le poste d'avant-garde qu'elle vient d'abandonner dans nos rangs. Au moment où l'ennemi paraît devant PAUNSDORF, le reste des troupes saxonnes (2 brigades) passe à l'ennemi. De même pour la cavalerie WURTEMBERGEOISE.

Leurs Chefs, fidèles au Prince et à l'honneur, restent avec nous. Comble d'horreur, à peine les déserteurs sont-ils à distance qu'ils dirigent le feu de leur artillerie sur la Division DURUTTE, (où se trouve le 132) dont ils faisaient partie.

Ce vide dans les rangs français ne laisse plus qu'un effectif de 4.000 hommes et rend impossible la conservation de PAUNSDORF.

En dépit de ce malheureux événement, le 132 continue de combattre dans les rangs de la division DURUTTE ; cette dernière est restée seule contre l'armée suédoise et le corps de WINTZINGERODE. Bientôt elle est renforcée par la division DELMAS et réussit à chasser les Suédois du village de KOHLGARTEN mais, assaillie par 30.000 hommes, elle ne peut résiter plus longtemps.

On retrouve le 132 aux combats de FREYBURG et HANAU. Il se rend ensuite à MAYENCE pour se réorganiser.

Pendant ce temps, le 2ème bataillon s'est reconstitué à AUGSBOURG au mois de mai pour se rendre en ITALIE. Ne trouvant pas les recrues nécessaires, il se met cependant en marche. Le ler juillet, les 9ème et 106ème de ligne lui versent 554 Italiens, Roumains, Toscans et Piémontais. Il arrive à VILLACH le 16 novembre 1813, avec des hommes extrêmement faibles et dans un état pitoyable. Avec eux, il combat quelques jours plus tard à VILLACH CALDIERO et FERRARE.

Durant cette campagne d'Italie, le Prince EUGENE Napoléon, avec 45.000 hommes d'Infanterie et 1.500 chevaux engage la lutte contre des corps autrichiens commandés par le Général HILLER, contre des détachements anglais débarqués sur les côtes de TOSCANE, et contre des troupes napolitaines.

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pendant la Campagne de France, Napoléon, sans le savoir déploie inutilement toutes ses forces (72.000 hommes). Il marche contre les alliés qui ont franchi le RHIN, les chasse de SAINT-DIZIER, défait deux jours après l'armée de SILESIE à BRIENNE et disperse en quatre jours (du 10 au 14 février) dans les combats de CHAMP-AUBERT, MONTMIRAIL, VAUCHAMPS, les corps des Généraux prussiens BLUSCHER, KLEIST et YORK et des Généraux russes SACHEN et LANGERON.

En janvier 1814, le 132 est ainsi réparti :

-Les ler (RUBAT) et Sème Bataillons (CHIARIGLIONNE) à la ROCHELLE.

-Le 2ème Bataillon (DENIS) en ITALIE.

-Les 3ème (RANCHON) et 4ème Bataillons (PAYERMEVILLE) au 4ème corps puis au 6ème.

-Le 6ème Bataillon (BUSQUE) à l´ISLE DE RE.

-Le 7ème Bataillon (BARTHELEMY) à LA ROCHELLE (dernier crée le 25 janvier 1814).

A peine l'ennemi a t-il dépassé BRIENNE qu'on lui signale sur sa droite la marche d'une colonne française se dirigeant vers ROSNAY.

Le 3ème bataillon de Chasseurs autrichiens et le Régiment de Hussards "ARCHIDUC JOSEPH" s'empressent sur la VOIRE pour s'emparer des ponts. Ils traversent pour gagner la rive droite, mais sont rejetés par nos troupes (parmi lesquelles le 132) sur la rive gauche.

Napoléon a ordonné au Duc de Raguse de garder ces ponts de la VOIRE afin de protéger la retraite vers le nord en direction de MACDONALD et de pouvoir suivre lAUBE jusqu'à PARIS (les plaines sont inondées).

Toutes les attaques autrichiennes échouent. Le 132 se bat contre un ennemi huit fois supérieur en nombre. Le combat a pris une telle importance que l'Empereur -de Russie, le Roi de Prusse et Schwarzenberg jugent nécessaire de se rendre sur les lieux.

La lutte dure jusqu'aux environs de 5 heures du soir. Conformément aux ordres, MARMONT se replie par échelons à la faveur d'une tempête de neige, couvert par le 132 et quelques éléments du 131 restés sur les positions pour garder le passage des ponts. Les jeunes soldats du 132, les "Marie-Louise" levés en toute hâte pour sauver la patrie, font preuve en cette occasion de courage et d'esprit de sacrifice.

L'ennemi s'aperçoit du retrait quand il ne reste plus qu'un effectif réduit. les "Marie-Louise" font cependant 1.000 prisonniers et 2.000 tués. Ce fait d'armes est exemplaire pour de jeunes hommes levés en toute hâte en 1814, et qui reçoivent le baptême du feu sans même savoir faire fonctionner leur lourd fusil (5kg).

Grâce à leur conduite héroïque, le 132 inscrit sur son drapeau le nom de :

"ROSNAY"... et privilège unique dant toute l'armée, par décision de l'Empereur, sa devise

"UN CONTRE HUIT".

Le 10 février, à la pointe du jour, l'armée française se met en mouvement avec à sa tête le Maréchal MARMONT. Elle comprend la cavalerie suivie de la Division RICARD et de la Division LAGRANGE (dont le 132) appartenant au 6ème Corps d'Armée.

En approchant, le Petit Morin, elle s'embourbe dans les marais de SAINT-GOND ; mais, grâce à l'aide précieuse et au courage des paysans, nos soldats réussissent à franchir le défilé de SAINT-PRIX. Ils débouchent alors sur les hauteurs dominant la Vallée du Petit Morin. Les Russes sont en position offensive. Leur mouvement vient se briser contre les escadrons français soutenus par notre

infanterie et les Russes se replient sur BANNAY.

Malgré leurs efforts, ils sont chassés par NEY et cherchent à gagner CHAMP-AUBERT, village jusqu'alors occupé par un Corps d'Infanterie Russe. Nos troupes déchaînées sous les ordres de MARMONT, obligent le Général OLSUFIEFF à battre en retraite vers ETOGES. Ce dernier essaie de se frayer un chemin à la baïonnette. Il est rejeté et tente de rejoindre la route d'Epernay, mais la plus grande partie de ses troupes est prise par les Français à la hauteur du hameau des Déserts. Le 14 février, on retrouve le 132 à VAUCHAMPS face à BLUCHER, puis à MEAUX, MAY en MULTIEN, NEUILLY-SAINT-FRONT, LAON, REIMS, BERRY au BAC, FERE CHAMPENOISE et enfin à la Défense de PARIS.

Entre temps, le 2ème Bataillon se bat avec l'Armée d'Italie à MINCIO et PARME.

Après la capitulation de PARIS, le 132 retourne à LA ROCHELLE où il est licencié le 21 août 1814. Les ler, 3ème, 4ème, Sème, 6ème et 7ème bataillons sont versés dans le 26ème de ligne et le 2ème bataillon dans le 52ème de ligne.

Ainsi se termine l'épopée napoléonienne du 132 Régiment d'Infanterie de Ligne.

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  Auguste Frédéric louis Viesse de Marmont

naît à Châtillon-sur-Seine le 20 juillet 1774, d'une famille bourgeoise anoblie par la Croix de Saint-Louis que son père gagna à la guerre. Il est affecté à l'école d'artillerie, d'où il sort lieutenant-colonel en 1792. En 1794, il est intégré dans l'armée d'Italie, comme aide de camp. Il revient à Paris en 1795 et cherche du travail. Il n'a plus beaucoup d'économie, mais en 1800, le nouveau maître de la France l'engage dans l'armée, et il acquiert ses premières lettres de noblesse à Marengo, où son corps d'artillerie pilonne les positions ennemies. Il n'est pas maréchal en 1804, mais s'organise à le devenir. Il se distingue à Ulm et Wagram. Il pousse les russes à se retirer de Raguse, dernière place forte de la campagne d'Autriche de 1809, ce qui lui vaut son titre de duc. Marmont gagne enfin son titre de maréchal à Znaim. En 1811, il est gouverneur des Provinces Illyriennes (actuel ex-Yougoslavie), puis roi du Portugal. Il défend la France en 1814, mais rend la ville de Paris qui aurait pu se défendre aisément. Son nom est alors associer à la défection, et les mots "raguser" ou "marmonter" sont synonymes de grande trahison. Le pauvre maréchal, pour se repentir, rendit souvent visite à l'Aiglon, et lui raconta quel grand homme était son père. Il mourut seul et humilié le 3 mars 1852 à Venise.

  A Sainte-Hélène,

dans le Mémorial, Napoléon dira de lui :

"Un trait pareil de Marmont, un homme avec lequel j'ai partagé mon pain, que j'ai tiré de l'obscurité, dont j'ai fait la fortune et la réputation...

L'ingrat, il sera plus malheureusement que moi".

http://pagesperso-orange.fr/napoleonbonaparte/marmont.htm

 

 

 

 

AU SOIR DE LA ROTHIERE  NAPOLEON AVANT DE DECROCHER. FAIT REPRENDRE LE VILLAGE. UNE DERNIERE, FOIS PAR LA COLONNE ROTTEMBOURG.COMPOSEE DE " MARIE-LOUISE (JEUNES RECRUES DE 19 ANS).CETTE ATTAQUE FERA CROIRE A L'ENNEMI QUE NAPOLEON REPREND L'OFFENSIVE  L'ENNEMI RESTERA AINSI SUR SES GARDES  ET L'ARMEE FRANCAISE POURRA DECROCHER   PENDANT LA NUIT. ARRIVES PRES DE L'ÉGLISE LES MARIE LOUISE PRIS DE PEUR  (ILS N'AVAIENT PAS 2 MOIS DE SERVICE) DECHARGENT LEURS FUSILS EN L'AIR  LE GENERAL RUSSE OLZUVIEFF  CROYANT QU'ILS VEULENT SE RENDRE  S'AVANCE AU DEVANT D'EUX  POUR RECEVOIR LEUR REDDITION.  LE GENERAL FRANCAIS ROTTEMBOURG. CROYANT A SON TOUR. QU´OLZUVIEFF VEUT SE RENDRE. S'AVANCE AU DEVANT DE LUI.VOYANT LEUR MEPRISE.  LES DEUX GENERAUX SE BATTENT AU SABRE. LE COMBAT HOMERIQUE DES DEUX CHEFS A PERMIS AUX MARIE LOUISE DE REPRENDRE LEURS ESPRITS LES VIEUX SERGENTS   REPASSENT DEVANT EUX  POUR LEUR REMONTRER COMMENT ON CHARGE UN FUSIL  EN 12 TEMPS.  LA RETRAITE S'EFFECTUERA EN BON ORDRE 10 JOURS PLUS TARD CES MEMES MARIE LOUISE DEVENUS DE VIEUX SOLDATS  FERONT PRISONNIER OLZUVIEFF   A CHAMPAUBERT

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Collection de l´auteur

Pont sud de Rosnay 1986

Voyez... Campagne de France 1814

 http://users.skynet.be/Empire/Napoleon1er/France1814_1.htm

http://brienne-aube.blogspot.com/2008/02/rosnay-lhpital-2-fvrier-1814.html

 

TROISIEME PERIODE

 

LE 132 SOUS LA TROISIEME REPUBLIQUE

Après la Guerre de 1870 intervient un grand remaniement de 1´Armée. Jusqu‘en 1870, les jeunes Français appelés au Service Militaire sont désignés par tirage au sort. En 1872, cette formule est abandonn6e selon la loi du 27 juillet, la dur6e du service est fixée à cinq ans

L‘Armée alors reconstituée perd son caractère d‘Arm6e de métier pour devenir nationale. Seule la moitié du contingent est cependant assujettie au service, celle qui a tiré le mauvais numéro. L‘autre moitié ne fait qu‘un an avec une p6riode de r6serve de vingt huit jours par an. Quelques privilégiés ne font qu‘ un an.

En 1873, le territoire métropolitain est organisé en 18 régions et 8 subdivisions. Chaque région forme un corps d‘Armée composé de 2 Divisions d‘Infanterie à 4 régiments chacune. On arrive ainsi à un  total de 144 régiments subdivisionnaires. Enfin, chaque subdivision forme en plus un régiment territorial d‘infanterie ä partir d‘anciens combattants de 1870 venant de la ,,ligne“et de ,,la mobile“.

A cette époque renaît le 132° Régiment d‘Infanterie de Ligne par le décret du 29 septembre 1873. 11 s‘établit à REIMS au sein du 6ème Corps. Il dépend tour à tour des 12°, 24 et 23° divisions.

Ses effectifs sont issus des 26°, 37 °, 69°, 79°, 91°, 94° et 106° Régiments d‘Infanterie de Ligne.

L´année 1874 voit apparaître un nouveau fusil, le fusil modèle 1874 dit ,,GRAS“ du nom de son inventeur.

En 1875, 1‘Armée restructure ses garnisons ; le recrutement est essentiellement régiona1. En 1889, la durée du service passe de 5 à 3 ans. En 1905, elle passe  à deux ans, et en 1913 de nouveau à 3 ans en raison des menaces des conflits européens. En effet, la 3ème Répub1ique vit sous le signe d´une très grande tension en Europe. L‘Allemagne craint une revanche de la FRANCE en raison de 1‘annexion de 1‘ALSACE et LORRAINE et cherche les appuis de 1‘ITALIE et de 1‘AUTRICHE. La RUSSIE, se sentant menacée, se rapproche de la FRANCE en 1893. L‘ANGLETERRE s‘unit à cette alliance qui devient la triple entente FRANCE ANGLETERRE RUSSIE. La course aux armements commence.

Le Gouvernement français ~tab1it un régime parlementaire à caractère démocratique, instaure des libertés : presse, réunions, associations.

Ma1gré la division des Répub1icains, ce renouveau social amène le progrès, ainsi qu‘un esprit de créativité, oublié depuis de nombreuses années. Le service militaire devient obligatoire pour tous.

L‘Armée de Terre et la Marine sont réorganisées et dotées d‘armes nouvelles. Des fortifications (Séré de Rivière) sont construites aux frontières, de 1874 ä 1885.

Cette tension permanente ne pouvant durer ind6finiment ; le 3 août 1914 la guerre est déc1arée.

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LA GRANDE GUERRE

1914 - 1918

 

La France en 1914

L’affaire DREYFUS divise les Français en partisans de la chose jugée (droite) et partisans de l’innocence (gauche). Elle fait naître au sein du bloc de. Gauche un antimilitarisme et un anticléricalisme violents (affaire des fiches, rupture du Concordat, inventaires).

L ‘agitation dûe à cette affaire est cependant momentanément oubliée devant la menace allemande toujours pressente. Cette dernière réveille l’esprit na­tional dans les années qui précédent 1914, suffisamment à temps pour donner au pays la volonté de vaincre.

En politique extérieure, les partisans d’une entente avec l’Allemagne sont contrecarrés par les partisans de l’alliance Anglo-Russe. Ces derniers vont liquider nos difficultés avec l’Angleterre et facilement démontrer la démesure et la volonté agressive de l’Allemagne.

Les incidents de TANGER (1905) de CASABLANCA (1908), d’AGADIR (1911) sont réglés en France avec une modération qui n’est pas pour calmer l’Allemagne.

De plus, vient se greffer le grave incident AUSTRO SERBE, 1 ‘assassi­nat de l’Archiduc héritier d’Autriche à SARAJEVO, qui provoque l’ultimatum autrichien lancé à la Serbie. S’y ajoutent le refus d’un arbitrage des grandes puissances,  la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie et le jeu des alliances

La mobilisation est décrétée suivie de l’entrée en guerre du bloc Russo-français- Anglo-Serbe contre l’Autriche et l’Allemagne.

En 1905, le service actif dure 2 ans. En 1913, il est de 3 ans. En 1914, l’effectif mobilisé est de 3 580 000 hommes. Il touche un Français sur 10

L ‘union sacrée se cristallise sur la volonté de reprendre les provinces alsacienne et lorraine.

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Situation de l’Allemagne en 1914.

En 1914, l’Allemagne est une énorme puissance industrielle et démographique. Elle compte 66.000.000 d’habitants.

L’Allemagne unifiée par BISMARCK est animée d’un impérialisme ex­pansionniste qui trouve ses origines dans la théorie pangermaniste et les besoins de débouchés. Alliée à l’Autriche Hongrie et à l’Italie, elle représente au coeur de l’Europe, l’élément prédominant par sa puissance militaire.

Cet impérialisme provoque les alliances Anglo-Franco-Russe. L’Allemagne se sent alors encerclée. Ce complexe d’encerclement et la volonté de puissance poussent l’Allemagne à adopter une attitude intransigeante à la suite de l’attentat de SARAJEVO.

En 1914, elle a sous ses armes plus de 2 millions d’hommes.

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Le 132° Régiment d’Infanterie dans la Guerre.

Le 31 juillet 1914, le 132 R.I. quitte sa garnison de REIMS comme troupe de couverture sous les ordres du Colonel GRAMAT.

Son effectif est alors de 59 Officiers, 179 Sous-Officiers, 3.152 hommes de troupe et 185 chevaux.

Son armement comprend, le revolver modèle 1892, le sabre modèle 1882, le fusil modèle 1886 dit “LEBEL” avec sa baïonnette cruciforme dite “ROSALIE”, le mousqueton modèle 1892 et la mitrailleuse Saint Etienne à raison de 2 par bataillon.

Débarqué à SAINT-MIHIEL, près de VERDUN, il stationne dans la trouée de SPADA à HEURDICOURT-NONSARD-CREUE jusqu’au 10 août. En même temps, il organise la défense des Hauts de Meuse sous la protection des bataillons de chasseurs en avant postes.

Le 10 août à 9 heures, le Colonel reçoit l’ordre n0 183 de la 12°  Division d’abandonner les cantonnements d’HEURDICOURT et de CREUE et d’oc­cuper HATTONVILLE-SOUS-LES-COTES. Le 12 août, le 132 occupe ses nouveaux cantonnements, BILLY-SOUS-LES-COTES, HATTONVILLE, VIEVILLE.

Le 14 août à 3 heures 10, l’ordre général n0 268 du Corps d’Armée prescrit à l’ensemble de ses formations de s’installer face à l’Est sur le front BRAQUIS-DONCOURT-SAINT-BENOIST. Le quartier général est à FRESNES EN WOEVRE. Le 132 marche en tête de la 24ème Brigade et va oc­cuper FRESNES EN WOEVRE (1er Bataillon), CHAMPLON (30 Bataillon et Etat-major) et SAULX EN WOEVRE (2° Bataillon). Le mouvement, commencé à 4 heures 15, est achevé vers 17 heures.

Puis, le Régiment change rapidement de position pour venir à RIAVILLE, PINTHEVILLE, PAREID et MARCHEVILLE.

Le 17 août, la 12° Division se porte sur ETAIN avec le 132 en avant-garde par l’itinéraire FRESNES EN WOEVRE, VILLE EN WOEVRE, BRAQUIS, VARCQ ETAIN.

Le mouvement, commencé à 3 heures 10, se termine à 8 heures.

Le 21 août à 5 heures 30, la 240 Brigade reçoit l’ordre de se porter vers le Nord, sur le ruisseau de la CRUSNES par l’itinéraire SPINCOURT, OLLIERES, HAN DEVANT PIERREPONT, PIERREPONT, BEUVILLE. La  24° Bri­gade est en avant-garde de la division et le 132 en tête de la Brigade. Le Départ est donné à 6 heures.

A 10 heures 35, éclatent les premiers coups de feu de cette guerre. En débouchant de HAN DEVANT PIERREPONT, la Compagnie d’avant-garde, la du Capitaine LALOS, est accueillie par des tirs. Presque aussitôt, un groupe d’une trentaine de cavaliers ennemis débouche d’un petit bois dans la direction côte 304 et se dirige sur PIERREPONT. A leur tour, ils sont pris sous le feu de la 6° Compagnie. L’ennemi laisse sur le terrain quatre tués et quatre prisonniers. Ils appartiennent au 13° Hussards de THIONVILLE.

Devant l’offensive des Allemands à travers la BELGIQUE les Français marchent sur le LUXEMBOURG par FRESNES EN WOEVRE, ETAIN et LONGWY.

Le 22 août, la rencontre avec l’ennemi a lieu à la sortie de BEUVILLE. Pendant plus de huit heures, le 132 se bat contre un ennemi très supérieur en nombre et contre une artillerie très puissante. Au soir, il doit battre en retraite sur ordre et se retirer sur la MEUSE tout en combattant et en disputant le terrain. Le Régiment se reconstitue à la sortie Est de BEUVILLE et bivouaque à la sortie Est d’ARRANCY.

Le 23 août, il change de position et se porte sur les pentes Sud du ruisseau de la CRUSNES. Le 24 août, ARRANCY, tenue par une partie des fractions du Bataillon de Chasseurs est attaquée dès l’aube. Le Régiment reçoit alors l’ordre de se porter en renfort et de défendre le village. Le combat commence par un duel d’artillerie qui désorganise le 46ème Régiment d’Artil­lerie. Devant l’intensité du combat, le 132  se replie jusqu’à PILLON.

Après avoir repassé la MEUSE à CONSENVOYE, le 25 août, le Régiment maintient l’ennemi sur l’autre rive par une défense acharnée du 26 août au 1er septembre matin. Le 1er septembre, il attaque et le rejette en direction du village de DANNEVOUX.

Le 27 août, le Colonel GRAMAT quitte le commandement du Régiment pour prendre celui de la 24ème Brigade. IL est remplace à la tête du 132 par le Commandant BACQUET.

Le 1er septembre, pour s’opposer à la progression des Forces Allemandes débouchant de la MEUSE, le Général Commandant la 12° Division donne l’ordre d’exécuter une contre-attaque dans la direction de DANNEVOUX, SEPTSARGES.

L’ennemi tire sur MONTFAUCON à partir de DANNEVOUX­-GERCOURT mais ne tente aucune attaque sur le front occupé par le 132. A 18 heures, le Régiment bivouaque sur ses positions. Il défend ensuite succes­sivement, le 2 septembre et les jours suivants, les positions de MALANCOURT, d’AVAUCOURT, AUBREVILLE, PARROIS et RECICOURT.

Dans la nuit du 5 au 6 septembre, l’ordre est donné de prendre l’offensive en direction de RAMBERCOURT, SOMMAISNES, PRETZ EN ARGONNE. L’ennemi se retire devant la violence des attaques. Ses contre—attaques sont brisées après une lutte acharnée au Nord-ouest d’ERIZE LA PETiTE.

Les jours suivants, les combats continuent dans les secteurs de MARATZ LA PETITE, ERIZE LA GRANDE, FERME SAINT-LAURENT, BERUZEE et FERME DE VAUX MARIE.

Le 10 septembre 1914 vers 17 heures, le train de combat du Ré­giment se trouve près de PETITE RUMONT, lorsque vient à passer un avion enne­mi sur lequel un détachement d’un autre régiment a déjà tiré. Les soldats du train de combat, armés de us, sous le commandement du Lieutenant GABET trois salves sur cet avion. A la troisième salve, l’avion s’élève de quel­ques mètres, puis tombe penché sur la droite, les deux aviateurs périssent brû­lés dans les débris de l’appareil en flamme.

Le il septembre, le Régiment reçoit à 4 heures 30, l’ordre de s’installer avec le 1060 Régiment d’Infanterie en position défensive, en arrière du bois FAYS, à l’Ouest du village de ROSNES. Cette journée se passe sans inci­dent. Du 13 au 23, la poursuite continue IPPECOURT, FRONCERVILLE, CHARGNY, BEAUMONT, LA FERME D’ANGLEMONT et le bois des CAURES sont repris par le 132.

Le 18 septembre au soir, le Régiment cantonne à BEAUMONT. Le 19 à 4 heures, il se déplace et fait halte à DOUAUMONT. Le 20 septembre, la 12° Division d’Infanterie reçoit l’ordre de se porter vers le Sud par FLEURY et la route d’ETAIN. L ‘ennemi est signalé occupant les hauteurs Nord du Che­min de fer ETAIN-BUZQ et au Sud-ouest ROUVES avec des postes détachés à WARCQ, SAINT-MAURICE et GUSSAINVILLE. Dans la journée ont lieu quelques rencontres mais sans engagement réel.

Du 24 au 27 septembre, une lutte acharnée a lieu dans les bois de MOUILLY et à VAUX LES PALAMEIX. On organise avant tout la résistance, les tranchées se creusent et la guerre de secteur commence.

Le 28 au matin, le Commandant du Régiment reçoit l’ordre de nettoyer les bois LOCHONT depuis la clairière Sud de MOUILLY jusqu’au ravin Sud-est Nord-ouest passant par le LOCHONT, de prendre position et d’assurer la liaison avec le 301. Les Compagnies de première ligne tiennent contact avec l’ennemi par le biais de postes d’écoute et de patrouilles. Seules quelques fusil­lades provoquées par des rencontres de patrouilles ont lieu.

Le 29 septembre, la 24ème Brigade est relevée par la 23ème Bri­gade. Le 54ème Régiment d’Infanterie vient à 15 heures occuper les positions du 132 qui s’établit en deuxième ligne. Le 1er octobre vers 10 heures 30, il reprend les emplacements du 54°. Les éléments de premières ligne continuent à perfectionner tranchées et abris.

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à la baionnette et à la pelle

 

LE 132 AUX EPARGES 15 octobre 1914 - 15 avril 1915

Le 15 octobre 1914, le 132 prend position aux EPARGES. Il y restera jusqu ‘au 15 avril 1915. Durant ces six mois, il va lui falloir non seule­ment lutter contre les Allemands, mais aussi contre l’eau et la boue. Les EPARGES, secteur tragique de cette guerre, où deux Régiments, le 132 et le 106 tous deux de la 24ème Brigade, peuvent revendiquer l’honneur d’avoir tenu durant tout ce temps. Pendant ces six mois jour pour jour, le 132 se bat pour gagner tranchée par tranchée, cette “maudite” crête.

Le 15 octobre 1914, le 2ème bataillon (GIRARD) s’installe à la lisière Nord du bois des EPARGES. Personne à cet instant ne peut imaginer les durs combats qui vont se dérouler là contre les troupes d’Elite qui ont aménagé le terrain à merveille (tranchées, abris, etc...).

Décrire les souffrances endurées est impossible. Un homme blessé, même légèrement, est presque toujours un homme mort. Neuf fois sur dix, la plaie s’infecte et la gangrène gazeuse provoque la mort dans des souffrances atroces.

Le 14 octobre, les 1er et 3ème bataillons du 132 quittent RUPT à 6 heures 30 pour aller relever sur ses positions le 301 dont un bataillon oc­cupe MESNIL SOUS LES COTES et l’autre la position de TRESANVAUX, COTE DES HURES. Le Régiment se trouve alors réuni,

Le 132, le 106 et le 301, en raison d’une nouvelle répartition des forces, font partie de la 24° Brigade.

Ils sont chargés d’occuper définitivement la position des EPARGES. délimitée par la lisière Nord-est du bois des EPARGES, MONTGIRMONT, LA COTE DES HURES, et TRESANVAUX. Le dispositif s’établit ainsi:

- Un bataillon du 132 au bois Nord-est de la crête des Eparges et à l’Est de ce village.

- Un bataillon du 106 à la lisière Est du bois LIANT et aux EPARGES.

- Un bataillon du 302 à MONTGIRMONT.

- Un bataillon du 132 à la Côte des Hures et à TRESANVAUX.

Les deux premiers bataillons sont sous le commandement tactique du Commandant du 106° et les deux seconds sous celui du Commandant du 132. Le bataillon de MESNIL laisse pendant le jour une section dans les tranchées situées au Sud-est du village et orientées Nord-sud face à lEst. Ces ouvrages ne sont tenus de nuit que par des gardes de tranchées.

Dans ces premiers temps aux EPARGES, la mission est de perfection­ner les ouvrages. En raison de la proximité des tranchées allemandes, les travaux se font surtout la nuit.

Le 27 octobre à 14 heures, le Commandant du deuxième bataillon re­çoit l’ordre d’attaquer le blockhaus à 40 mètres devant lui ; l’acharnement des Allemands l’oblige à revenir sur ses positions.

Le 29, vers 2 heures, le Commandant du 132 s’installe avec son poste de commandement à la lisière Nord du bois des EPARGES. La mauvaise saison a transformé les Hauts de la Meuse en une immense mer de boue, profonde et collante. Les corvées de ravitaillement demandent des efforts et un courage prodigieux car beaucoup trouvent la mort, ensevelis sous un mélange indéfinissable de neige, de ter­re gluante> de débris de bois, de fer, de détritus de toutes sortes et de cadavres horriblement mutilés. Mais la force morale et le patriotisme des troupes des EPARGES a raison de toutes ces souffrances.

Attaques, contre—attaques, assauts, puis replis de nos éléments, occasionnent beaucoup de pertes. On perfectionne toujours le dispositif pour tenter d’arriver à ce blockhaus.

Une sape est creusée. Le 9 novembre, des grenades et projectiles de toutes sortes arrivent sans cesse sur notre première ligne. Tous les jours, des efforts sont faits en vue d’atteindre ce “maudit” blockhaus.

Le 24, il est enfin détruit par une pièce de quatre-vingt mm située à la corne Sud-ouest du bois. Les jours se succèdent avec des prises et des reprises de tranchées ; chaque mètre de terrain est défendu avec acharnement.

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Noël 1914 aux EPARGES.

L ‘adjudant Edmond THIERRY de la 10° Compagnie nous a laissé son témoignage écrit.

24 décembre, “après une nuit de sommeil, nous nous employons à préparer le réveillon qui du reste est très réussi, et l’on se quitte joyeusement après avoir vidé une dernière flûte” 31 décembre, “repos complet. Le soir, grand dîner à l’occasion du nouvel an ; le Commandant GIRARD nous fait l’honneur de présider, pousse même la délicatesse jusqu’à la chanson et prouve par cela même que la gaieté française se trouve partout”.

Le lendemain, distribution de champagne, d’oranges, de pommes, de cigares. Pas un homme ivre le soir.

Les attaques de février et de mars aboutissent à la prise du Bois de Sapin. La conservation, par la suite, de ce point important témoigne de la valeur individuelle et de la solidarité de ce beau régiment.

Le 21 février, deux violentes contre-attaques de l’ennemi se produisent dans la nuit et au petit jour. La première est repoussée, la seconde nous contraint à céder la lisière Sud du bois de sapin ; L’ordre est alors donné aux éléments du 67°, du 1730 et de la 90 Compagnie du 132 de reprendre ce point. La 9ème Compagnie progresse lentement dans la direction Nord, mais les autres unités ne peuvent aboutir à leurs fins en raison de l’intensité du feu de l’ennemi.

C’est alors que le Colonel BACQUET, se portant à la tête du groupe et s’élançant hors des tranchées, est frappé mortellement. Ce geste sublime déclenche une nouvelle tentative qui ne donne pas de résultat appréciable. Succè­dent à ce glorieux Chef de Corps, le Chef de Bataillon GIRARD, puis le Lieutenant-colonel MAUREL.

Le 5 avril, le commandement donne l’ordre de prendre les EPARGES. Le 9 avril, un premier assaut est lancé à 4 heures du matin, aidé par un régi­ment tout frais, le Régiment d’Infanterie, renforcé par deux compagnies du 67. Des pluies d’obus de tous calibres tombent sur les Français (77, 150, 120 mm). Une tornade de neige s’abat sur les EPARGES. On se bat trou par trou au couteau, à la grenade, à la pelle.

Le 10 avril, une fraction de la 7ème Compagnie située à l’extrême gauche du 132, coopérant à une attaque du “Point X” , se jette sur les arrières des défenseurs et prend pied sur cette position importante. Les combats du 18 mars au 10 avril ont coûté au 132, 2.300 hommes, les 3/4 de son effectif.

Grâce au renfort des jeunes soldats débutant dans cette guerre, il a pu se maintenir. Beaucoup n’ont pas été retrouvés ; les autres reposent au cime­tière des EPARGES où les croix et le n0 132 se multiplient.

Le 15 avril 1915, le 132 quitte définitivement les EPARGES sous les ordres du Colonel MAUREL. Il se bat encore dans les secteurs de MOUILLY, CALONNE, le bois LOCHONT.

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LE 132 EN CHAMPAGNE

 

Septembre 1915     Octobre 1915

Après cette longue période de combat, c’est le repos à VILLOTE­-DEVANT-SAINT-MIHIEL et le 24 septembre 1915, il se trouve au camp de la Noblette. Le 25, il est placé en réserve de la 1270 Division d’Infanterie au moment de l’attaque de la Champagne.

Deux armées massées sur un front de 25 Km d’AUBERIVE à SOUAIN et du Bois Sabot à l’AISNE vont attaquer sous les ordres des Généraux DE LANGLE DE CARRY et PETAIN, les positions défendues par la Troisième Armée Allemande.

Le 27 septembre, le 132 enlève avec sa vigueur habituelle la but­te de SOUAIN et la tranchée du Satyre ; Il est arrêté devant des fils de fer bar­belés intacts. Néanmoins il conserve sa position, repoussant toutes les contre-attaques.

Sur cette position, à partir du 28 septembre, au bois des Cuisines, le 2 octobre, au Sud du bois Sabot le 5, au bois P.15 et P.16, du 17 septembre au 13 octobre, il travaille à l’organisation de la ligue. Il se bat à nouveau et le 13 octobre, il occupe la totalité des bois P.15 et P.16. Il en organise aussitôt la défense.

Du 13 octobre 1915 au 1er janvier 1916, après une nouvelle période d’instruction à MOURMELON, le 132 prend la défense d’un secteur au Nord-est d’ AUBERIVE. Les coups de main se succédant, désorganisant l’ennemi, lui infligeant des pertes et le harcelant sans cesse pendant cinq mois.

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LE 132 A VERDUN

JUIN 1916

Du 14 au 27 juin, le Corps d’Armée envoyé à VERDUN résiste aux plus formidables attaques de l’ennemi. Le 132 a la mission de défendre les ravins boisés des Croupes situées à l’Ouest et au Sud du FORT DE VAUX

LE 132 DANS LA SOMME

SEPTEMBRE 1916         DECEMBRE 1916

Du 27 juin au 3 septembre 1916, le 132 est à l’instruction à LANDRECOURT, BAUDONVILLIERS, SOMMELONNE puis à VILLE EN TARDENOIS. Le 23 septembre 1916, le 132 se trouve en réserve à SEZANNE au moment de l’offensive de la SOMME ; les 24 et 25, il se porte en ligne et va arrêter l’ennemi sur la ligne EPINE DE MALASISE, Ferme du Bois Labbé sur la route de PERONNE -BOUCHAVESNES. Sa mission est de former une barrière pour fixer les Allemands sur le point de pivot du champ de bataille de la SOMME.

Tout est à refaire ; il faut organiser, creuser, poser des fils de fer barbelés sous le feu de l’ennemi. Le 16 octobre, le 132 est relevé après bien des efforts...

Il revient sur la brèche début novembre pour participer à la bataille.. Une attaque est décidée dans le secteur de BOUCHAVESNES et c’est au 132 que revient l’honneur de la conduire. Sur ce secteur, on a peu de renseignements, car le terrain est confié à l’Armée Anglaise.

Le 132 passe de la 24° Brigade à la 54° Brigade. Une période d’ins­truction s’en suit. Le il décembre à 22 heures 30, la relève est prise par le 1060 Régiment d’Infanterie. Le 132 se transporte sur NOUSARD-LE-FRANCE puis successivement à ROUVRES, HERVILLIER et VAUX SOUS COLOMBRE, ROCOURT SAINT-MARTIN, RONCHERES, CHAMPVOISY, SERGY, CIERGES... Jusqu’au début avril 1917 où il arrive dans le secteur de BOURG et COMIN.

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LE 132 AU CHEMIN DES DAME

AVRIL 1917  - MAI 1917

Le 132 participe alors à l’attaque du Chemin des Dames. Le 16 avril 1917, il attaque la Ferme de Metz en direction de la Ferme de Froidmont. A 6 heures, le départ pour l’assaut offre un admirable spectacle.

En première ligne, le bataillon est à droite et le 30 bataillon à gauche. Le 1er bataillon est en réserve. Des vagues de soldats sortent de leurs tranchées ; après le franchissement de la tranchée Orsova, les mitrailleuses ennemies crépitent. Le 20 bataillon est entièrement décimé ; le Commandant RIVALS, les commandants de compagnie et leurs hommes ne se relèvent plus. Les derniers survivants de ce bataillon se cramponnent néanmoins au terrain.

Le 30 bataillon sérieusement touché également progresse lentement. Il faut faire relever les restes du 20 bataillon pendant la nuit par des hommes du 1er bataillon.

Le 17 au soir, l’attaque est reprise jusqu’au petit jour et le 132 s ‘empare des carrières et des positions qui dominent la vallée. Ses soldats ont arrosé de leur sang les pentes de ce terrible “chemin” jusqu’à la Ferme de Froidmont.

Le Lieutenant-colonel THERON, blessé grièvement est remplacé par le Chef de Bataillon PERRET. Cette attaque a coûté au 1320 Régiment d’Infanterie 26 Officiers tués et 900 hommes tués ou blessés.

Le 1er mai, le 132 est en réserve de Corps d’Armée quand le Lieutenant-colonel PERRET reçoit l’ordre de se porter sans délai en pleine nuit avec son régiment, vers l’EPINE de CHEVRIGNY pour repousser les puissantes attaques allemandes sur le front de la 1270 Division d’Infanterie.

Dans la nuit du 13 au 14, le 132 cantonne dans les champignonnières de CHASSEMY-LEVOUN où de violents combats s’engagent. Les Allemands reprennent des tranchées dans le secteur de CERTEAUX qui sont à nou­veau reprises par les Français.

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LE 132 EN ALSACE

JUIN 1917 - JANVIER 1918

Le 30 mai, vers 5 heures, le Régiment embarque en camion pour se rendre à COURPALAY (Seine et Marne). Après le repos dans cette localité, la 560 Division d’Infanterie est désignée pour occuper un secteur en ALSACE. Embar­quée en chemin de fer, elle est transportée à la fin de juin vers CORCIEUX, d’où elle se rend par étapes à THUR Le 132 passe à GERARDMER, le TILLOT, et arrive à WESSERLING HUSSEREN. Son passage est remarqué pour son bon ordre et sa discipline. Pendant son séjour en ALSACE, il occupe un secteur montagneux, à l’Ouest de la Fecht de Sondernacht. Pendant cette période le 132 conserve tout son terrain et inflige aux Allemands des pertes incessantes par des coups de main audacieux.

Relevé fin janvier 1918, il se trouve aux environs de BELFORT après une période d’instruction à VILLERSEXEL, quand la 56° Division d’Infanterie est déplacée subitement en chemin de fer pour MONTDIDIER.

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LE 132 A NOUVEAU DANS LA SOMME MARS 1918

Les Allemands ont attaqué la 50 Armée Anglaise avec de puissants moyens et marche sur PARIS par MONTDIDIER. Les trains qui amènent les régi­ments de la 56° Division d’Infanterie ont pu arriver jusqu’à BRETEUIL. Le 26 mars au soir, le 132 est le dernier élément de la division à débarquer.

Aussitôt à terre, le 132 se trouve réparti sur un front de quinze kilo­mètres environ. Sous la poussée allemande, il est impossible de tenir ; le repli se fait pas à pas et le soir le 132 passe l’AVRE et le DOM. Le 28, MONTDIDIER est occupe.

La rive droite de l’AVRE et du DOM est divisée en trois secteurs

de défense confiés à la Division. Dans chaque secteur, un bataillon du 132 en pre­mière ligne.

Dans le secteur Sud, le Lieutenant-colonel PERRET est à ROYAUCOURT avec le 3ème Bataillon (Commune de la HAYE), quelques cavaliers à pied et un Bataillon territorial.

L’Armée Allemande très supérieure en nombre lance ses colonnes vers la ligne AMIENS - PARIS.

Le 30 bataillon conformément aux ordres reçus lance deux compagnies contre la tête de colonne ennemie qui s’engage sur la route à MESNIL-SAINT-­GEORGES-LE CARDONNOIS et jette une compagnie sur son flanc gauche à MESNIL. La colonne ennemie bousculée se retire en désordre, laissant une compagnie et son chef prisonniers. Cette manoeuvre audacieuse est une parfaite réussite.

A gauche, le 1er bataillon arrête l’ennemi qui cède aux attaques du 2ème bataillon à FONTAINE SOUS MONTDIDIER

 

Le 132 vient de sauver la situation et se voit cité à l’ordre de l’Armée.

Trois attaques de toute une division ennemie sont brisées au matin du 30 mars. Au cours de l’après-midi, des obus incendiaires tombent sur la position et la rendent intenable. De nouvelles attaques et une lutte maison par maison sont nécessaires pour l’emporter en fin de journée. Les braves du 30 bataillon obligés de se retrancher à l’entour du village, interdisent à l’ennemi de sortir.

Le 2ème bataillon, à FONTAINE SOUS MONTDIDIER, doit résister aux mêmes attaques contre un ennemi très supérieur en nombre. Le 1er bataillon cerné se défend avec le même héroisme et arrête l’avance de l’ennemi. Le 31, les délais nécessaires à l’arrivée des renforts sont gagnés. PARIS est sauvé.

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LE 132 EN LORRAINE

AVRIL 1918    JUILLET 1918

 

Relevé le 2 avril, le 132 est envoyé tout d’abord au repos puis en LORRAINE pour occuper le secteur d’EINVILLE.

Le secteur est calme mais les Allemands sont inquiets sur les intentions de la 560 Division d’Infanterie. Le 132 les fixe, fait des prisonniers ou pénètre dans leurs lignes.

Le 16 juin, le Général DUPONT commandant le Corps d’Armée remet la Croix de Guerre avec palme au drapeau du Régiment.

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LE 132 DANS LE NORD  -  JUILLET 1918 - OCTOBRE 1918

Le 132 est relevé le 16 juillet pour être transporté dans le Nord. Une attaque simultanée des Armées Anglaise et Française se déclenche. D ‘abord en réserve, le 132 passe en ligne le 8 août.

Les Allemands repliés depuis MOREUIL semblent décidés à défendre ROYE et opposent une première résistance à l’Echelle Saint-Aurin. Le 1er bataillon, sur la rive Sud de l’AVRE et le 3ème bataillon sur la rive Nord rivalisent de courage dans des combats meurtriers. L’ennemi bousculé sur les deux rives devant l’ECHELLE-SAINT-AURIN et le “Camp de César” se retire précipitamment devant les attaques du 132 qui, ensuite, passe en réserve.

Du 25 au 28 août, retranchée dans une très forte position à SAINT-MARD les TRIOTS, l’armée ennemie résiste à plusieurs attaques. Sa position est tellement formidable que les troupes qui ont attaqué semblent considérer le succès comme très incertain. Le 26 août à 16 heures, le 132 relève les troupes de première ligne fatiguées et attaque à son tour. L’ennemi laisse entre nos mains 504 prisonniers dont 24 Officiers parmi lesquels un Chef de bataillon et abandonne un matériel énorme 76 mitrailleuses, 8 Minenwerfer, 4 caissons de munitions (du 41° RLR de la 221° DI.). Le 29 août, le Sous-Lieutenant HOLSTEIN avec sa section pénètre le premier dans ROVE.

Comblé de félicitations, le 132 passe en réserve et suit la progression de la division jusqu’au canal du Nord où une forte défense arrête de nouveau nos troupes de première ligne. Le Général de Division a encore une fois recours au 132.

Le 3ème bataillon est à droite, le 2ème bataillon à gauche, le 1er bataillon en ré­serve. Le passage du Canal étant difficile, le soldat LE CORRE, de la il0 compa­gnie fournit la solution. Il se jette à l’eau, traverse le canal à la nage, escalade la berge opposée, surprend et tue les mitrailleurs, facilitant ainsi le passage de la Compagnie qui traverse le canal sur des madriers. La 11° compagnie poursuit deux ou trois cents Allemands, pénètre avec eux dans ESMERY-HALLON dont elle s’empare. La joie et l’entrain sont à leur comble.

Remis en réserve, le 132 est envoyé ensuite au repos avec la 560 Di­vision d’Infanterie et cité à l’ordre de l’armée pour la seconde fois pour la prise de plusieurs villages et la capture de 504 ennemis. Le texte contient en fait les éléments de plusieurs citations.

La dernière phase de cette longue guerre se termine par un nouveau et très brillant succès. La mission de la 56° Division est d’attaquer  MONT D ‘ORIGNY en traversant l’OISE, et de marcher sur GUISE. Après la première attaque, le 132 à gauche du dispositif atteint ses objectifs et conserve le terrain conquis. Mais il est obligé d’attendre, dans une position difficile, que l’attaque de la 152° Division d’Infanterie qui a échoué sur sa droite soit reprise. Pendant 8 jours, il résiste à toutes les attaques ennemies

Le 8 octobre, l’attaque générale est déclenchée et la prise du MONT D ‘ORIGNY intervient peu de jours après. La marche est si rapide, les attaques si violentes que l’ennemi ne peut s’accrocher ; il est rejeté dans GUISE. Une lutte acharnée a lieu, au corps à corps, dans la Ferme de la Motte prise et reprise ainsi qu’à la Côte 150 qui domine la gare.

Le bataillon qui a accompli le plus gros effort finit par rester maître de la position, assurant ainsi le succès de l’attaque de GUISE. Le départ de la Région de l’OISE pour la LORRAINE se situe peu de temps avant 1 ‘armistice.

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LE 132 EN LORRAINE

OCTOBRE - NOVEMBRE 1918

La 56° division d’Infanterie doit prendre part à une nouvelle offensive en LORRAINE pour brusquer la capitulation de l’Armée Allemande.

Le 9 novembre, le 132 débarque à GIRONCOURT (VOSGES). Le 10 novembre, il reçoit l’ordre de se porter dans la région de BEYNECOURT et VILLE-SUR-ILLON. Ensuite, son avance est une marche triomphale à travers le pays libéré et le 9 décembre les 20 et 30 bataillons défilent devant le Président de la République à STRASBOURG ; le 1 er bataillon est désigné pour le maintien de l’ordre.

 

LE 132 APRES L’ARMISTICE

Le 132 se dirige alors vers l’Allemagne pour organiser le rapatrie­ment des prisonniers. Peu de temps après, il rejoint le 27 janvier 1919 sa garnison provisoire de VITRY-LE-FRANCOIS, puis de REIMS et de VERDUN. Dans ce haut lieu historique le soldat Auguste THIN du 132 a l’honneur, le 10 novembre 1922, dans une chapelle ardente, de désigner le soldat inconnu qui repose sous l’Arc de Triomphe. Pour le choisir, il additionne les 3 chiffres composant le numéro de son régiment 132.

En 1922, toujours à VERDUN, le 132° Régiment d’Infanterie, malgré les sept inscriptions portées sur son drapeau est dissous pour la troisième fois.

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QUATRIEME PARTIE

SECONDE GUERRE MONDIALE

LE 132° REGIMENT D’INFANTERIE DE FORTERESSE

(132° R.I.F.)

 

Pour situer cette campagne du 132e R.I.F., il faut rappeler la si­tuation de la FRANCE dans le monde agité de l’entre deux guerres.

La crise de 1929 atteint l’Europe en 1932. La France connaît une période de récession, la gauche remporte les élections. Notre inquiétant voi­sin l’Allemagne désigne comme Chef de Gouvernement un homme aux idées nationa­listes et militaristes.

La France décide de construire une ligne de défense sur nos frontières Nord et Nord-est LA LIGNE MAGINOT. C’est une succession d’ou­vrages fortifiés disposant d’artillerie, d’armes automatiques et d’une infanterie nombreuse. Cette force a pour mission formelle de “résister sur place même isolée ou encerclée”.

Avec le recul du temps et en analysant les faits, il est facile de formuler des critiques sur cette conception de la ligne de défense et sur la stratégie adoptée, mais à cette époque chacun est convaincu de son efficacité.

Le journal de marche du Régiment couvrant cette période a été détruit. Quelques rapports sont parvenus. Par une décision ministérielle n01345/EMA/ H3 du 23 juin 1945, les Officiers de carrière ont été invités à rédiger un rapport détaillé sur les opérations des corps, des services et des Etats-majors auxquels ils ont appartenu durant la campagne 1939-1940, mais sur le plan historique, ils sont sujets à caution car ils sont trop subjectifs.

Les sentiments d’amertume ressentis par les soldats de 1940 après la débâcle et l’Armistice sont encore à ce jour très vivaces selon les témoignages d’Anciens du 132, quarante ans après.

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LE 132 R.I.F. A MARVILLE

Devant la dureté des jugements et l’acidité de certains propos, il faut faire preuve d’une certaine réserve pour citer les commentaires faits par les auteurs de ces rapports. Il est indispensable de les compléter dans un but d’objec­tivité par les relations de quelques survivants. Des militaires d’active et de réserve, ainsi que les civils de la région de MARVILLE ayant vécu ces évènements apportent leurs témoignages.

Mise sur pied du 132 Régiment d’Infanterie de Forteresse.

Le Régiment dérivé du Bataillon appartenant au 149° Régiment d’Infanterie de Forteresse du temps de paix est créé le 25 août 1936, pour consti­tuer la garnison permanente du Sous Secteur de MARVILLE. Il n’existe malheu­reusement aucun ouvrage de la Commission d’organisation des régions fortifiées (C.0.R.F.) sur ce sous-secteur. A l’origine, le 132° Régiment d’Infanterie de Forteresse est regroupé à LONGUYON, caserne LAMY. Le centre mobilisateur est stationné à SAINT-JEAN LES MARVILLE. Cette installation deviendra défini­tive le 10 mai 1939.

Le commandement est assuré par le Lieutenant-colonel BLANCHET, Commandant en Second du R.T.M. de VERDUN. L’Etat-major du Régiment est uniquement composé d’Officiers d’Active.

La mission du 132 est de tenir et au besoin de défendre le Sous-Sec­teur de MARVILLE avec l’aide d’un ou plusieurs régiments de renforcement et de réservistes frontaliers.

Les ouvrages de la ligne Maginot sont terminés fin 1936. Les réservistes frontaliers effectuent des périodes d’exercice et d’entraînement au combat dès 1937. Chacun possède son poste et connaît sa mission (témoignage de réserviste).

Le centre mobilisateur des réservistes se trouve à ETAIN.

Le Sous-Secteur de MARVILLE s’étend sur douze kilomètres, le long de la CHIERS et sa ligne principale de résistance (L.P.R.) sur seize kilomètres.

Le 22 août 1939 vers i heure du matin, l’alerte est donnée. Le Com­mandement prescrit la mise sur pied de l’échelon A. Cette action comporte le rappel des permissionnaires et l’incorporation des “Frontaliers” à ETAIN.

Les plans de mobilisation sont suivis sans incident.

Le 23 août, les éléments rejoignent leur cantonnement.

 

 

L’Etat-major du Régiment s’installe à GRAND FALLY. Il comprend:

Commandant du Régiment: Lieutenant-colonel BLANCHET (Active)

Chef d’Etat-major: Chef de Bataillon FERRY (Réserve)

Officier 2 (Renseignement): Capitaine BERTRAND (Réserve)

Officier liaison: Lieutenant LAURAS (Réserve)

Renseignement: Lieutenant GUILMIN (Réserve)

Transmission: Lieutenant CHEVRIER (Réserve)

Santé: Capitaine MASSON (Active)

Compagnie de Commandement et service: Capitaine CHEF (Réserve)

Commandant 1er Bataillon: Capitaine BABAULT (Active)

Compagnie Mitrailleurs 1: Capitaine GAUSSOT (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 2: Capitaine POUTISSON (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 3: Capitaine GIORGIA (Réserve)

1 ère Compagnie d´Engins et de Fusiliers Voltigeurs: Lieutenant FRATER (Réserve)

Compagnie Hippomobile du Régiment: Capitaine MASURE (Réserve)

Commandant Bataillon: Chef de Bataillon RIGAUD (active)

Compagnie Hippomobile du Régiment: Capitaine DELVOIX (Active)

Compagnie Mitrailleurs 5: Capitaine COUTURIER (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 6: Capitaine DAVRAINVILLE (Active)

Compagnie Mitrailleurs 7: Capitaine LHUILLIER (Réserve)

2ème Compagnie d’Engins et de Fusiliers Voltigeurs: Capitaine TRISTAN (Active)

Commandant Bataillon: Capitaine CHERY (Active)

Compagnie Mitrailleurs 8: Capitaine ?

Compagnie Mitrailleurs 9: Capitaine HU (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 10: Capitaine BODEMAN (Active)

Compagnie Mitrailleurs 11: Capitaine DIEMER (Réserve)

3ème Compagnie d’Engins et de Fusiliers Voltigeurs: Capitaune VERON (Réserve)

 

 

Le total de l’effectif à la déclaration de la guerre est de 28 Officiers, 108 Sous-officiers, 374 Soldats.

Le matériel est de 1 véhicule de liaison, 6 motos, 18 camionnettes, 2 camions ateliers, 3 chenillettes, 36 voitures, 124 chevaux dont 12 de selle.

L’implantation des unités à la date du 2 septembre est la suivante

-        1er bataillon: PETIT XIVRY

-        bataillon: FLABEVILLE ET VEZIN

-        bataillon: SAINT JEAN DE MARVILLE – CHARENCY VEZIN EPIEZ

Le Poste de Commandement et la Compagnie de commandement sont à GRAND FAILLY.

Avant la déclaration de guerre le bourg de MARVILLE connaît une grande activité. La construction de la ligue Maginot confiée au Génie nécessite l’emploi d’émigrés étrangers. Sur le territoire Saint-Jean est construit le quartier du 132° Régiment d’Infanterie de Forteresse ; de l’autre côté de la route, on trouve les logements des cadres, petits pavillons coquets entourés d’ un jardin. Ce cadre est propice à une vie paisible, dans une garnison éloignée du commandement. Cette situation dure jusqu’au 3 septembre 1939 où l’état de guerre est annonce.

La garnison de MARVILLE n’est pas surprise car dans cette région frontière l’information circule encore facilement. Les réservistes sont conscients de l’imminence de leur appel à l’activité. Chacun rejoint son poste dans les meilleurs délais.

Dès le 3 septembre, tous les bataillons du 132 sont prêts. Le 10 octobre, le Chef de Corps présente le drapeau au régiment. Le 16 octobre, les compagnies rejoignent leur ouvrage de combat.

De nombreux cadres habitant MARVILLE avec leur famille ainsi que des réservistes frontaliers souffrent du contraste entre le poste de combat et la vie quotidienne.

De nombreux problèmes découlent de cette situation durant ce que l’on appellera par la suite “la drôle de guerre”.

Durant l’automne 1939, le régiment s’installe sur ses positions de combat et aménage ses cantonnements. Le secteur est calme ; les soldats écoutent la radio qui donne des nouvelles du “front”. Les informations sont contradictoires selon qu’ils écoutent des stations déjà imprégnées par le Nazisme ou des stations officielles inspirées par le gouvernement de l’époque.

La seule activité des soldats consiste à réaliser des emplacements de combat creuser des pestes, des boyaux, des tranchées tout en restant à proximité des ouvrages bétonnés.

Fin décembre, le 132° Régiment d’Infanterie de Forteresse reçoit une nouvelle mission

-Occuper les blocs et tourelles de la ligne principale de résistance.

-Défendre la ligne intermédiaire (VEZIN -GRAND FAILLY). Les consignes de chaque poste sont modifiées en conséquence surtout pour les postes de garde aux destructions.

Le 13 janvier, l’alerte aux postes de destructions est transmise. Le 14 janvier vers 19 h 30, c’est l’alerte sur place et à 22 h 30, un message ordonne l’application des mesures de défense aérienne. Cette alerte dure jusqu’au 16 janvier vers 18 heures. Rien ne vient troubler la tranquillité de ce secteur. Les patrouilles et les “corvées” de ravitaillement rentrent sans avoir rencontré la moindre difficulté.

Cependant, l’attente s’éternise. Les soldats sont occupés à des travaux de terrassement. Les jours et les semaines passent sans combat. Un sentiment de sécurité s’installe et quelques uns ressentent comme inutiles et absurdes les ordres donnés. Miné par l’attente, le Capitaine DELCROIX com­mandant la Compagnie hippomobile du Régiment du 20 Bataillon se suicide le 10 février 1940.

Un certain mystère plane encore cependant sur cet acte désespéré. En effet, la radio ennemie l’a annoncé avant que le régiment n’apprenne la triste nouvelle. Le rapport fait état de divergences entre les conceptions de l’Etat-Major du Régiment et les siennes sur cette guerre. Les souvenirs des anciens sont flous et évasifs à ce sujet. Il n’en reste pas moins que ce geste donne une idée de l’état d’esprit de la troupe en ce début de l’année 1940.

Le 4 mars, les unités jusqu’alors à l’instruction rejoignent les positions fortifiées, tandis que six autres partent à leur tour à MANGIENNES.

Le 15 mars, le 132 Régiment d’Infanterie de Forteresse est rat­taché au secteur fortifié de MONTMEDY sous le commandement du General BURTAIRE.

Le 6 avril, nouvelle alerte n°1. Elle concerne les postes de garde aux destructions, les avant-postes, les postes de défense anti-aérienne et antichar.

Le 10 avril, un important mouvement d’effectif a lieu entre le 1320 Régiment d’Infanterie de Forteresse et le 120° Régiment d’Infanterie. Ce dernier reçoit la quasi—totalité des réservistes frontaliers, en échange des plus vieux réservistes du régiment. Cet échange est difficilement justifiable. Les frontaliers depuis 1936 sont mobilisés chaque année pour effectuer une “période” à un poste avec une arme bien définie. Ils sont bien entraînés, connais­sent le secteur, leur mission et leurs armes.

Le 14 avril, le 132° Régiment d’Infanterie de Forteresse reçoit l’ordre d’alerte n° 2 vers 3 heures 45. Le 6 mai, nouvel échange d’effectif entre le 132 et le 120.

 


 

 

L'État-Major du 132 se trouve modifié a la veille des combats décisifs.

 

Chef de Corps

: Lieutenant-Colonel BLANCHET (active)

Chef d'État-Major

: Capitaine BERTRAND (Réserve)

Compagnie de Commandement

: Capitiane CHEF (Réserve)

Officier Renseignement

: Lieutenant GUILMIN (Réserve)

Officier Transmission

: Lieutenant CHEVRIER (Réserve)

Officier Ravitaillement

: Lieutenant MONNARD (Active)

Officier liaison

: Sous-Lieutenant DELATTRE (Active)

ler Bataillon

: Capitaine BABAULT (Active)

Chef Etat-Major

: Capitaine MASURE (Réserve)

Commandement Compagnie Hippomobile du Régiment

: Capitaine BOUDEL (Réserve) curé de   LONGUYON

Compagnie Mitrailleurs 1

: Capitaine GAUSSOT (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 2

: Capitaine PETIT (Active)

Compagnie Mitrailleurs 3

: Capitaine GIORGIA (Réserve)

lère Compagnie d'Engins et de Fusillers Voltigeurs

: Capitaine FRATER (Réserve)

2° Bataillon

: Commandant de Bataillon RIGAUD (Active)

Chef Etat-Major

: Capitaine LÉGER (Réserve)

Compagnie Hippomobile du Régiment

: Capitaine DÉMANGE (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 5

: Capitaine COUTURIER (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 6

: Capitaine DAVRAINVILLE (Active)

Compagnie Mitrailleurs 7

: Capitaine LHUILLIER (Réserve)

2° Compagnie d'Engins et de Fusiliers Voltigeurs

: Capitaine LEFEVRE (Réserve)

3° bataillon

: Commandant CAZAL (active)

C.E.M.

: Capitaine MAUS (Réserve)

Compagnie Hippomobile du Régiment

: Capitaine MAUS (Réserve)

Compagnie Mitrailleurs 9

:Capitaine HU (Réserve)

CompagnieMitrailleurs10                                        

: Capitaine BODEMAN (Active)

Compagnie Mitrailleurs11                                       

: Capitaine DIEMER (Réserve)

3° Compagnie d'Engins et de Fusillers Voltigeurs .        

: Capitaine VERON (Réserve)

 

Le 10 mai vers 4 heures, des alertes aux postes de défense contre avions sont déclenchées. A 6 heures 15, alerte n3. Les positions sont réoccupées et les compagnies d’instruction rejoignent leurs postes. L’aviation ennemie se manifeste.

Le 11 mai, des bombardements font quelques victimes au 30 bataillon. Fait important, la population civile est évacuée et les maisons sont abandonnées. C’est le début de l’exode vers le Sud.

Jusqu ‘au 4 juin, les combats sont plus ou moins intenses avec des raids aériens, des duels d’artillerie ; la ville de MARVILLE est bombar­dée le 25.

Le 6 juin, 15 pièces de 25 mm sont déplacées vers la 30 Di­vision d’Infanterie. Le 9 juin, le Général MAST annonce au Colonel BLANCHET que sa division (DINA) évacue le secteur de MARVILLE dans la nuit. A Partir de 6 heures le lendemain, le secteur est défendu par le 132 Régiment d’Infanterie de Forteresse seul.

Le 11, l’éventualité d’évacuer le secteur est envisagée. Le 12, les premiers combats avec une patrouille ont lieu qui entraînent 12 blessés à la Compagnie Mitrailleurs 11. Vers il heures, l’ordre d’évacuer de nuit arrive. L ‘ensemble du secteur n’est pratiquement plus défendu. Le repli se fait sur ordre, vers 17 heures. Le Commandant CAZAL donne un ordre écrit “départ à partir de 21 heures, dernier élément départ à 5 heures, destination AZANNES HAMLES SAINT JEAN, GRAND FAILLY”. Les autres bataillons reçoivent des ordres moins précis et les communications entre les bataillons et surtout entre unités voisines sont quasi inexistantes.

Le Colonel fait savoir, à 6 heures le 13 juin, aux Comman­dants de Compagnie que l’évacuation des positions fortifiées pourrait se faire dans la soirée, sans attendre la nuit. L’opération doit être menée par entente entre les deux détachements mais en commençant obligatoirement par la gauche - vers il heures un vide de plus de trois kilomètres se fait dans la ligne principale de résistance.

Les ponts de la CHIERS sont détruits. Un seul pont sur l' Othain reste tenu par le CapitaineBODEMAN, qui permet à de nombreuses unités isolées de se replier en direction de VERDUN. Durant ces heures tragiques, les unités sont pratiquement isolées mais effectuent un repli en ordre. Les unités sont sous les feux directs des blindés et des mitrailleuses ennemies.Le 132°Régiment d'Infanterie de Forteresse s'établit à droite de la Division légère BURTAIRE à VAUX, à l'Est face à BEZONNANY. Le Poste de Commandement du Régiment d'Infanterie s'installe près du fort de DOUAUMONT.

Les pertes dues au retard sont lourdes : au ler bataillon, 10 officiers et 40 hommes. Au 2° bataillon, 1 officier et 80 hommes. Au 3" bataillon, 2 officiers et 130 hommes.Le 14 juin, l'ennemi se fait pressant, le canon du fort de DOUAUMONT riposte aux tirs ennemis. Vers 20 heures 30, le poste de com­mandement du Régiment Infanterie est contraint de se replier jusqu'au village de DOUAUMONT. La mission de "tenir" est assignée aux compagnies. Or vers21 heures 30, l'ordre est donné de se replier vers le fort de ROZELLIER. Les communications sont de plus en plus mauvaises.

Le 15, l'ennemi est sur les bords de la Meuse, les ordres de repli ne sont pas parvenus à toutes les unités. Vers 18 heures, le Colonel re­çoit l'ordre de décrocher par la tranchée de Calonne, près de LAVIGNEVILLE. Le décrochage se fait dès 21 heures (Lieutenant BABIN). Les tués sont nombreux.

Le 16 juin, l'ennemi occupe la rive gauche de la Meuse en a­mont de VOIG. A 19 heures 30, le 132°Régiment d'Infanterie de Forteresse décroche vers APREMONT. Ce mouvement se fait en ordre avec le 3" batail­lon en arrière-garde. L'encombrement des routes est tel qu'il réduit con­sidérablement l'allure des unités.

La mission est de "tenir avec deux compagnies renforcées l'axe MOULIN NEUF, BROUSSEY et de chercher la liaison à gauche dans la région au Nord de GIRAUVOISIN SAINT-JULIEN. Cette couverture aux ordres du Commandant     CAZAT doit rester jusqu'à nouvel ordre". A 3 heures l'ennemi attaque.

Un feu violent s'engage de part et d'autre ; les bombarde­ments ennemis éparpillent les unités. Deux patrouilles commandées par l'Aspi­rant HAVARD, l'Adjudant-Chef HENRY et l'Aspirant JOUBLIN sont envoyées au village de GIRONVILLE et rencontrent l'ennemi. Le bilan est de trois blessés graves.

A 22 heures, décrochage du Régiment d'Infanterie de Forte­resse. Les pertes sont sensibles au 3° bataillon : 5 Officiers, 27 Sous-Officiers, 130 hommes tués, blessés ou disparus.

Le 18 juin, l'ennemi est à VAUCOULEURS, le Colonel regrou­pe le 132° pour rétablir des bouchons et se replie en direction de TOUL.

Le 20 juin, les effectifs très réduits sont regroupés dans les bois d'Ochey près de Colombey.

Le 21 juin, les dernières troupes combattantes sont séparées des forces du Sud Est.

Le 22 juin, tôt le matin, il est mis fin aux hostilités. Le pos­te de commandement régimentaire et les 3 sections du commandant RIGAUD sont faits prisonniers à VITERNE.

Ainsi prend fin l'histoire du 132°Régiment d'Infanterie de Forteresse. La guerre n'est pourtant pas finie. De nombreux combattants ont pu échapper au piège et continuer le combat. Durant ces affrontements

le drapeau du 132°Régiment d'Infanterie de Forteresse est brûlé au pied de la colline de SION pour éviter qu'il ne tombe aux mains de l'ennemi.

Le souvenir des actes glorieux et tragiques est perpétué par un monument élevé au pied d'un ouvrage de la Ligne Maginot, près de MARVILLE. Est-ce le destin qui fit combattre le 132° Régiment d'Infanterie de Forteresse sur les champs de bataille historiques de VERDUN et le fit disparaître au pied de la colline inspirée ?

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 Allocution prononcée

par

le Colonel Blanchet

pour

l´inauguration de la plaque commémorative

aux Morts

du

 132° R.I.F.

à Reims  le 18 Mai 1947

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   CINQUIEME PARTIE

RENAISSANCE DU 132 SOUS L'APPELLATION DU 132° GROUPE CYNOPHILE

DE L'ARMEE DE TERRE

Par décision du Ministre de la Défense,(Décision Ministérielle n° 19.298 du 12 mai 1977), le 132° Groupe Cynophile de l'Armée de Terre, issu de la dissolution du Centre d'Instruction des Formations Vétérinaires de COMPIEGNE, du 24ème Groupe Vétérinaire de SUIPPES et du 54lème. Groupe Vétérinaire de TARBES, reçoit le Drapeau et la garde des traditions du 132° Régiment d'Infanterie.

Après 37 ans d'oubli renaissent, le ler juillet 1977, les traditions de ce beau régiment. Il s'installe à la Ferme Impériale du PIEMONT, à vingt kilomètres de CHALONS-SUR-MARNE et à peine quatre kilomètres de SUIPPES.

 

Sa mission est la suivante

- Acheter les chiens pour toutes les armées et les administrations. -Gérer   l'effectif canin de l'Armée de Terre.

- Livrer les chiens à l'Armée de Terre, Air, Mer, Gendarmerie, Police Nationale

- Instruire   et former les Maîtres de Chiens et les Cadres Cynotechniciens.

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 Remise du Drapeau de 132 G.C.A.T.

http://www.chienplus.com/indexARMEE.html

par le Général Henry

au Colonel Antoine

à la Ferme du Piémont

 

 

 

 

 


CHEFS DE CORPS DU 132° D'INFANTERIE

 

- Chef de Brigade

CAPELA

1794

- Chef de Brigade

BURCHIN

1795

- Colonel

TRIDOULAT

1811

- Colonel

CAILHASSON

1813

- Colonel

CHAUCHAR

1873

- Colonel

COTTIN

1877

- Colonel

REGNIER

1884

- Colonel

HARTSCHMIDT

1890

- Colonel

DE LUXER

1893

- Colonel

JANNOT

1895

- Colonel

VAUTIER

1900

- Colonel

GENY

1901

- Colonel

TERME

1903

- Colonel

HUGUET

1910

- Colonel

GRAMMAT

1913

- Colonel

BACQUET (Tué aux Eparges en 1915)

1914

- Chef de Bataillon

GIRARD

1915

- Lieutenant-colonel

MOREL

1915

- Lieutenant-colonel

THERON

1916

- Colonel

PERRET

1917

- Colonel

PLANDE DIT QUINTAA

1920

- Colonel

BLANCHET

1940

- Colonel

ANTOINE

1977

- Colonel

GIRARD

1980

- Colonel

CROUAN

1982

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES

 

- Archives Historiques de l'Institut Royal du Grand Ducal Luxembourg

- Lettre du Baron ... SCHRÖDER 26 juin 17'92

- Lettre du Baron de SCHRÖDER 13 mai 1792

- Publication de la Section Historique de l'Institut Royal du Grand Ducal de Luxembourg sur le siège de    Luxembourg. 1891

- Rapport de JOURDAN: Relation du siège de Maëstricht (Archives Historiques Minitère de la Guerre).

- 1792 - 1809 Aventures de Guerres, Boussod, Valadon & Cie Paris 1894

- La 132° Demi-Brigade par G. du MARTRAY, 1887

- Victoire et conquête de 1817

- Histoire de Napoléon 1839

- Cours commun d 'histoire militaire .Ecole Interarmes

- Documents sur la 132° Demi-Brigade (Archives Historiques, Ministère de la Guerre)

- Documents sur le 132° de ligne (Archives Historiques, Ministère de la Guerre)

- Journal de marches et opérations du 132° en 1914-1918 (Archives Historique, Ministère de la Guerre)

- Historique du 132 de 1914 à 1919 par le Colonel PERRET 1919. (Archives du Corps).

- Rapport du Capitaine DA VRAINVILLE, Lieutenant SERRE, Lieutenant de Réserve CHEVRIER,    Lieutenant GUERIN, Sous-Lieutenant JACOB du 132° Régiment d'Infanterie de Forteresse (Archives    Historiques, Ministère de la Guerre).

- Témoignages d'anciens Sous-Officiers du 132° Régiment d'Infanterie de Forteresse: M. LEJEUNE, M. PERRIN, M. AUSADE et quelques habitants de MARVILLE, EPIEZ, CHARRANCY-VEZIN, SAINT-JEAN.

- Journal de marche de l'Adjudant EDMOND Thierry, Chef de Section 10ème compagnie du 132° en 1914.

- Adjudant-Chef WALTER , ancien Officier trandition du Corps.

Illustration Dessins: M. JOUINEAU André, Sergent-Chef MEYER Jürgen

Photo: Sergent-Chef MEYER Jürgen

Rédaction, recherches historiques et bibliographique : Sergent-Chef MEYER , avec la participation de l'Adjudant GENOIS Jean-Marie.

 

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